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20/09/2017

Charité bien ordonnée...

 

Une doctrine qui propose l'amour de Dieu pour fin suprême a surtout besoin d'être virile, sous peine de sanctionner toutes les illusions de l'amour-propre ou de l'amour charnel.

Il est trop facile d'émasculer les âmes en ne leur enseignant que le précepte de chérir ses frères, au mépris de tous les autres préceptes qu'on leur cacherait. On obtient de la sorte une foi mollasse et poisseuse, plus redoutable par ses effets que le nihilisme même.

L'Evangile a des menaces et des conclusions terribles. Jésus, en vingt endroits, lance l'anathème, non sur des choses, mais sur des hommes qu'il désigne avec une effrayante précision. Il n'en donne pas moins sa vie pour tous, mais après nous avoir laissé la consigne de parler sur les toits, comme il a parlé lui-même.

Que penseriez-vous de la charité d'un homme qui laisserait empoisonner ses frères, de peur de ruiner, en les avertissant, la considération de leur empoisonneur ? Moi, je dis qu'à ce point de vue, la charité consiste à vociférer et que le véritable amour doit être implacable.

Léon Bloy : Le Désespéré

Aujourd'hui, médecine

 

Je veux sortir d'ici.

Voilà à quoi tu penses cet après-midi, dans la salle d'attente de l'hôpital. Des mères de famille parcourent le couloir avec une grâce de zeppelin.

La plupart portent du noir, certaines ont les cheveux rouge gyrophare, toutes sont énormes, comme des Botéro ou des créatures de Brussolo. Leurs enfants hurlent et grouillent en tout sens. 

Faites des enfants ? Vous avez vu à quoi ils ressemblent ? Que direz-vous quand votre gosse aura le faciès de Poelvoorde et qu'il meuglera comme Manon Lepomme ? Heureusement, j'ai toujours été seul... Heureusement, je partirai seul... 

Voilà à quoi tu penses, devant cette porte qui refuse de s'ouvrir. Le docteur a du retard, on dirait. 

« Monsieur ? Monsieur ? Vous avez votre formulaire ? » Tu émerges de ton hypnose lorsqu'une infirmière, une vraie, pas une chose de film d'épouvante, te demande tes documents de mutuelle. 

De l'autre côté du couloir te parviennent des paroles gutturales, dans une langue étrangère. De l'arabe ? Des mots en français surnagent. Journal... C'est normal... Du coup, tu repenses aux propos de ta mère, lorsqu'elle est revenue de chez le médecin, l'autre jour. 

— J'étais la seule Européenne dans la salle d'attente... 

Oui, ce sont les prodromes de la fin. La Wallonie s'efface... Il s'agit d'un plan délibéré... L'ennemi intérieur veut liquider la population de souche... Ensuite, il leur sera d'autant plus facile de tout céder aux Flamands qui, eux, veillent sur leur identité et sur leur langue.

Ils vont nous tuer, rumines-tu sans parvenir à te concentrer sur le livre que tu as apporté. Et même si la natalité nous était favorable, la population de Wallonie resterait belgifiée. Plus nulle part où aller... Belge new world...

Des belges qui mâchent leurs frites, des belges qui jacassent avec un accent répugnant. Des belges « à la sauce belge », comme ils disent, des belges sans Histoire, sans mémoire, sans conscience ethnique, des belges, c'est-à-dire rien du tout, de la chair à canon multiculturelle. Gloubibelgo maximum... Wallonie zéro !

Un gosse pleurniche en sourdine. Les Arabes ont cessé leur conciliabule. Le silence revient progressivement et tu fixes le nom du médecin sur la plaque. Des chaises remuent derrière le panneau.

La porte s'ouvre.

19/09/2017

Un second diagnostic ?

 

D'une part, il y a une sortie facile de la difficulté, en évitant les naissances. 

D'autre part, il y a une sortie difficile de la difficulté, en reconstruisant tout le système social et en trimant, en combattant pour un monde meilleur.

Quel chemin les hommes que vous décrivez prendraient-ils plus vraisemblablement ?

Gilbert Keith Chesterton : Le Puits et les bas-fonds, Editions Desclée de Brouwer