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24/07/2017

A perte de mots

Nous nous sommes tant aimés...

Aujourd'hui, un littéraire désigne un individu risible, une sorte de Don Quichotte. Un littéraire pur sera donc la cible par excellence et nous voyons descendre une silhouette familière dans le polygone de tir de deux professeurs de philosophie, Monvallier et Rousseau, approvisionnés en munitions par Michel Onfray. 

Blanchot, l'obscur ou la déraison littéraire. Maurice Blanchot aurait été un imposteur, une pompe à brouillard, une savonnette d'oxymore, une idole qui sonne creux, un nihiliste de bibliothèque qui n'a jamais travaillé de sa vie...

Tout ce qui est excessif est drôle et on rit beaucoup à la lecture de ce pamphlet. Rien que le passage où les deux auteurs comparent Blanchot à Lovecraft — horreur cosmique contre erreur comique — vaut le détour...

Pourquoi tant de haine ? Que lui reprochent-ils ? Principalement d'absolutiser la littérature en dehors de toute perspective historique et sociologique. De liquider le sujet et le libre-arbitre au profit d'une autonomisation du langage — nous sommes parlés plus que nous ne parlons, copyright Heidegger. D'évacuer le sens au profit de l'indicible, d'un hypothétique au-delà du langage, que Blanchot nomme le Neutre.

Blanchot serait l'ange morbide du structuralisme, un nihiliste qui, à force de penser le rien, nous empêcherait de penser quelque chose de concret.

Encore ce nihilisme reposait-il sur un idéal littéraire, idéal dont Foucault aurait parachevé la liquidation. Mort de Dieu, mort de l'homme, mort de l'auteur. Ironiquement, les hérauts de l'anti-humanisme, les champions de la fin du livre publièrent tous en abondance, avec leur nom en grand sur le bandeau de couverture.

Monvallier et Rousseau, nos deux déboulonneurs, voient en Céline l'antithèse de Blanchot. Céline, au moins, serait parvenu à traduire littérairement son époque.

On pourrait leur rétorquer que, d'un point de vue philosophique, Céline non plus n'exprimait pas grand-chose — la vie, c'est des haricots — mais il le faisait ressentir à ses lecteurs. Je prends la fréquence d'agonie. J'écrivais pour empêcher les autres d'écrire. Finalement, Céline joue la même petite musique de nuit que Blanchot, mais sur une autre partition, à un autre rythme. 

Faire ressentir... Donner à éprouver... Si Blanchot fascine autant — Monvallier et Rousseau le créditent d'un pouvoir d'hypnotiseur, de chaman, de mage, ce qui n'est pas rien — il doit tout de même posséder un certain talent.

A moins que seuls Monvallier et Rousseau aient compris qu'il s'agissait d'une escroquerie. Et s'il s'agit d'une escroquerie, comme ils le répètent, il faudrait établir la préméditation, les preuves manifestes que Blanchot lui-même ne croyait pas en ce qu'il écrivait et qu'il se moquait du monde. 

D'autre part, pourquoi se donner tant de mal à éreinter un auteur « très confidentiel et dont tout le monde se fiche ? » Effacer Blanchot ? Il nous manque déjà à une époque où le premier rappeur venu se déclare meilleur que Molière.

Les accès de logomachie de Blanchot, auxquels on ne peut réduire son œuvre, témoignent, parfois pathétiquement, des attentes et de l'attention anxieuse que la littérature inspirait naguère encore. En cela, ce vieux vampire conserve toute notre sympathie. 

De même que les incantations de Blanchot sont impensables sans Hiroshima et les catastrophes du vingtième siècle, nos deux essayistes sont aussi les fils de leur temps, c'est-à-dire d'une époque qui, au contraire de la précédente, ne se paie plus de mots. 

23/07/2017

Tu n'as rien vu à Waterloo

 

La différence majeure entre le roman et le blog, différence qui rend ce dernier infiniment moins intéressant, c'est le fait que le blog est dépourvu de sous-entendus, de sens cachés, de secrets.

Claudio Magris : Secrets

Mig-mig avec toi

 

Source RT : D'après des chercheurs allemands, qui ont épluché les articles de la presse de leur pays de 2015 et 2016, les journaux ont fait preuve d'un biais très clair en faveur de la politique d'accueil des migrants entreprise par le gouvernement Merkel.

A l'issue d'une analyse de plusieurs milliers d'articles publiés en Allemagne entre février 2015 et mars 2016, des chercheurs de la Hamburg Media School et de l'Université de Leipzig ont constaté que les principales publications allemandes n'avaient pas couvert de manière objective la crise des migrants. 

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Chez nous, la presse bruxello-flamande pratique la géométrie variable. Ainsi, Sudpresse annonce une invasion quand les migrants arrivent sur la côte flamande, pardon, sur la côte belge — il n'y a plus que les belgicains pour désigner la Vlaamse Kust ainsi.

En revanche, quand les migrants déferlent sur la Wallonie, ces mêmes journaux prétendent que c'est très bien et que les centres d'accueil, celui de Charleroi par exemple, vont créer des emplois, comme dans un récent article de la Meuse, en date du 15 mai 2017.

On se demande quelle version croire... (ton candide) Cela va créer de l'emploi ? Dans le secteur de la contraception, peut-être ?