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30/06/2016

Un grand soleil noir

Ou un grand sommeil noir ?

J'aime le mot de décadence tout miroitant de pourpre et d'or. J'en révoque bien entendu, toute imputation injurieuse de déchéance.

Ce mot suppose au contraire des pensées raffinées d'extrême civilisation, une haute culture littéraire, une âme capable d'immenses voluptés.

Il projette des éclats d'incendie et des lueurs de pierreries. Il est fait d'un mélange d'esprit charnel et de chair triste et de toutes les splendeurs violentes du bas-empire...

Il respire le fard des courtisanes, les jeux du cirque, le souffle des belluaires, le bondissement des fauves, l'écroulement dans les flammes des races épuisées par la force de sentir, au-bruit envahisseur des trompettes ennemies.

La décadence, c'est Sardanapale allumant le brasier au milieu de ses femmes, c'est Sénèque s'ouvrant les veines en déclamant des vers, c'est Pétrone masquant de fleurs son agonie.

C'est encore, si vous voulez prendre des exemples moins éloignés de nous, les marquises marchant à la guillotine avec un sourire et le souci de ne pas déranger leur coiffure.

C'est l'art de mourir en beauté.

Paul Verlaine, cité par Ernest Raynaud dans La Mêlée symboliste.

La peur

L'avenir dût-il m'être sombre...

J'ai peur, comme disait Zamiatine.

Pour la première fois de mon existence, songes-tu, j'envisage de m'exiler, de quitter ce sale petit pays où les Wallons ne sont plus chez eux, pris en tenailles entre le pouvoir bruxello-flamand et la société multiculturelle.

En France, au moins, les identités régionales subsistent. Même mal en point, il leur reste aussi le souvenir d'une grandeur nationale. Qui dit souvenir dit mémoire et toute mémoire est dirigée vers un avenir.

Hélas, le temps est l'adversaire impitoyable. Hélas, à un certain âge, les possibilités s'épuisent. 

« Moi, je peux retrouver du travail comme je veux en France » te déclara un rattachiste avec une nuance de mépris. Tu ne l'as jamais revu...

Ce rattachisme-là est soit un snobisme de grand bourgeois, soit l'ultime recours de personnes plus jeunes, moins entravées.

Les plus adaptés à la mondialisation sont comme ces graines de pissenlit qu'un coup de vent suffit à porter... Comment leur en vouloir ?

— J'ai gagné un voyage au Maroc, te dit un ouvrier. Tu parles d'un cadeau... Moi, ça m'intéresse pas... Et toi, tu connaîtrais pas quelqu'un qui...

— Désolé, non... réponds-tu. Mais cela ne devrait pas être trop difficile à trouver... On a une bonne équipe de foot et les supporteurs qu'il faut...

Il se marre et tu ressens une profonde lassitude. Je n'y arriverai jamais...

Quand tu descends au sous-sol, une atroce odeur d'égout te monte au nez et un vacarme retentit dans une grille d'aération.

On dirait des bêtes qui se battent... Tu lèves la tête. Derrière les lames de métal, ça couine et remue avec des bruits de pelages ou de griffes qui s'entrechoquent... Des rats ?

J'ai presque peur, comme disait Verlaine.

Zed le Mutant

Du stade à l'abattoir

Germains ou latins, soit. Belgicains, jamais !

« Si l'avenir du pays ne tient plus qu'à des gamins millionnaires, mercenaires de clubs étrangers, et à la réussite ou à l'échec d'un penalty, alors, il ne reste plus vraiment grand-chose et Bart de Wever peut se réjouir. »

Réjouissons-nous, tout arrive : un professeur de la très maçonnique Université Libre de Brussel, Jean-Michel de Waele, vient enfin de prononcer une vérité, avec un cran d'arrêt, mais vérité quand même...

Le politologue liégeois Pierre Verjans se montre également critique : « Les exploits d'Eddy Merckx n'ont jamais empêché que le pays se déchire sur les questions communautaires. »

Non, le communautaire n'est jamais très loin... et parfois même là où on ne l'attendait pas. Ainsi, suite au match Italie-Espagne, de violents affrontements se sont produits en province.

Cette fois, inutile d'accuser les musulmans d'être à l'origine des incivilités, preuve que l'islam ne représente qu'une partie d'un problème beaucoup plus vaste.

Pendant qu'en Wallonie, des communautés se querellent et jouent de leur double identité — toujours belgos-quelque chose, jamais Wallons —, Brussel et la Flandre tiennent le tiroir-caisse.

Tous participent à leur manière à l'entité belgicaine de demain : un état résiduel et multiculturel où les rouages économiques seront concentrés en Flandre et où la langue française et les Wallons conscients auront disparu d'ici deux ou trois générations.

Certes, le football n'a jamais empêché les conflits communautaires. Mais alors, pourquoi les médias bruxellois se livrent-ils à ce battage éhonté autour des troubles démons ? Nous prennent-ils pour des demeurés ? 

Mais non ! Le voilà, le plan B... B comme Bâillon... B comme Boue !

Cette oligarchie porcine nous barbouille les yeux et les oreilles pour mieux nous masquer l'impasse sanglante dans laquelle elle nous entraîne, nous les derniers Wallons.

Mort au diable à tête de porc !

Zed le Mutant