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31/10/2016

Ultraviolet

 

Deux paumes sanglantes appuient sur la porte. Ailleurs, des squelettes pendent aux fenêtres et un potiron ricane sur le seuil.

Ils raffolent du macabre, mais ils craignent tous le tragique. Vous avez un cancer du poumon... Vous avez Alzheimer... C'est autre chose que Halloween, et pourtant...

Les plus roublards s'en sortent en prétendant que, attention, cette fête n'a rien d'une américanisation... non, c'est d'origine celtique. 

On peut raisonnablement douter que leurs références le soient, celtiques. Cela ressemble plutôt au cinéma d'épouvante anglo-saxon, mais certainement pas européen. Combien parmi eux ont entendu parler d'Argento, de Tourneur, de Franju, de Murnau ?

Toute l'ironie est d'organiser un défilé de morts-vivants dans une région où, en temps normal, la population ressemble déjà à des zombies. Vous vous entendez parler ? Vous vous êtes vus avec vos drapeaux Diables rouges? 

Etrange aussi ce mélange de cucul et de gore. Tout à coup, cette région où les médias sont les plus gluants de complaisance et de politiquement correct se transforme en danse macabre mâtinée de Massacre à la tronçonneuse. 

Paradoxalement, ceux qui exhibent têtes coupées et mygales sont les plus soumis à la pensée dominante, les mêmes qui, d'ordinaire, noient tout dans le sentimentalisme et l'émotionnel. Dutroux, c'est Hitler.

Le mauvais goût, notion ô combien subjective, nous réjouit souvent, à condition qu'il échappe à lui-même. A propos des littératures de genre, le sociologue français Bertrand Méheust évoquait ce mauvais goût qui permet parfois d'être génial

Ainsi, certaines toiles de Jean-Michel Nicollet ou de Gustav-Adolf Mossa cultivent indéniablement une certaine vulgarité qu'elles dépassent par leurs implications occultistes. Ainsi, tel groupe gothique flirte avec le kitsch pour pratiquer un humour qu'on qualifiera de douteux, de grinçant... mais certainement pas de belge. 

Et vous trouvez ça drôle ? Oui, Virgin Prunes, Alien Sex Fiend ou même Cure, je trouve ce macabre-là plus réussi que le Halloween belgicain, plus drôle que les grimaces de sorcière de Laurence Bibot, parce que cela reste relativement inattendu, insolite, à la limite du potache, repris de justesse par le rire jaune de qui sent venir sa propre fin.

L'humour, c'est la politesse du désespoir. L'humour noir, le désespoir de la politesse. Et l'ultraviolet, leur résolution dialectique. 

Zed le Mutant

29/10/2016

Mysterium

 

La Tradition ne se donne pas sous la forme de textes écrits qui la livreraient, intégrale et nue. Si les occultistes parlent parfois d'un livre qui contiendrait les propositions cardinales de la Tradition, ils emploient un symbole.

La Tradition est orale. Elle n'est pas littérale. L'occultisme est en général sévère pour l'expression matérielle et fixe de la pensée. Ce sont les anges mauvais qui ont, d'après le Livre d'Enoch, enseigné l'écriture aux hommes. Et il en est résulté un grand désordre universel, car les hommes n'ont pas été mis au monde pour écrire. 

On notera, à l'appui de notre thèse, que lorsque la Tradition semble être communiquée d'homme à homme, ce sont rarement des traités didactiques que l'on place entre les mains des initiés. Ce sont plutôt des symboles, des objets ineffables, mais excitants pour la pensée, des phrases énigmatiques que chacun devra creuser...

Robert Amadou

Je ne leur parle pas, ça les instruit !

 

Comment parler le belge ? Un livre vient de sortir. On croit rêver... Une langue belge ? Mais enfin, on parle français ou néerlandais. De même qu'il n'existe pas de littérature belge, mais des lettres françaises ou néerlandaises, il n'y a pas de langue belge. Il est à qui, le belgo ? A qui, hein ? A son roi-roi ? On dirait une chanson de Gotainer. Cinq minutes, on sourit... Mais toute une vie, il y a de quoi se pendre à la cave. Arrêtez, vous me faites mourir... et pas que de rire !