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09/01/2017

Nation Pin-Pon

La version Nation...

On ne tire pas sur les ambulances, mais comment les arrêter ? C'est un peu la question avec les belgicains de Nation.be. La nation belge ? Elle existe encore ? Attendez la prochaine réforme de l'Etat...

Mais chez Nation, on a toujours une bonne nouvelle. Tout va bien. Je vais de mieux en mieux. Leurs derniers résultats électoraux le prouvent : de Bérézina en Waterloo jusqu'au Stalingrad final.

Dernièrement, leur cerveau en chef se vantait sur Méridien Zéro : Nous avons réussi notre divorce avec les identitaires français.

En effet, on se souvient d'une vidéo de campagne datant de 2012 où un identitaire français inerviewait un militant de Nation aussi spontané qu'un lapin dans les phares d'une voiture, cramponné à un tract, et flanqué d'un commissaire politique pour lui souffler les réponses.

Voilà pour le divorce avec la France... mais le divorce avec la Flandre semblait consommé depuis longtemps. Paradoxalement, alors que Nation prétend défendre l'unité belge, ce parti ne présentait des listes qu'à Bruxelles et en Wallonie. 

Plus gênant encore : leur faible base militante. Ce qui s'avère paradoxal compte tenu du matraquage belgicain des médias francophones. Des nationalistes belges, ils devraient en recruter par dizaines...

Mais justement, comment Nation pourrait-il être plus belgicain que les partis traditionnels francophones et leurs médias aux ordres ? Un nationalisme belge ? Mais enfin... Toute la Wallonie le subit déjà à longueur de journée. Vous faites double emploi... Allez plutôt chanter la Brabançonne en Flandre !

Justement, nos belgicains d'assaut viennent enfin de trouver un relais en Flandre, une espèce de groupuscule dissident du Vlaams Belang.

Sans doute très dissident parce que le VB, lui, reste obstinément séparatiste et atteint au moins quinze pour cents d'intention de vote. C'est énorme comparé à Nation et ses poussières d'Ancienne Belgique. Sans compter les autres partis flamands, tout aussi vlaamsvoelend et très peu sensibles aux charmes du boulet-frites national.

D'après les antifascistes, c'est-à-dire d'après la police, le congrès de nos vaillants nationalistes belgicains à Anvers, en novembre dernier, rassemblait... une trentaine de personnes. Quoi ? Trente nationalistes belges, pour tout le pays ? Ne riez pas : rassembler autant de belgicains dans le fief de De Wever et de De Winter, cela tient de l'exploit.

 La version flamande, au hasard sur you tube. Attention, images très dures qui peuvent choquer...

Par curiosité, faute d'entrer sur le site de Vlaanderen Identitair — dont l'accès est privé un peu comme une loge maçonnique —, nous sommes allés voir la page Facebook des nouveaux beste vrienden de Nation.

En juin dernier, Vlaanderen Identitair refusait de soutenir l'équipe nationale belge — ça commence bien — au motif que les Diables rouges ne servent qu'à entretenir l'illusion d'unité nationale d'un pays artificiel. Een geforceerd land met een geforceerd eenheidsgevoel. 

En plus, la campagne pour les Diables, c'est une initiative francophone. Donc, boycottons-la. Vlaanderen Identitair en appelait même à soutenir d'autres équipes nationales que celle de la Belgique. C'est vous dire l'amour... surtout dans un pays dont l'unité ne tient plus que par le football.

Plus drôle encore : pendant que Nation organise à Namur une manifestation en mémoire de Léopold II — mieux vaut s'arrêter avant le troisième : il a failli faire sauter son propre royaume — leurs homologues flamingants publient des appels à supprimer les dotations royales, voire à supprimer carrément la monarchie ou peu s'en faut. Geen opslag, maar ontslag. Plus de pognon, abdication !

L'union fait la force ? Disons plutôt que la farce défait l'union. Certes, les petits partis méritent notre compassion. Les rattachistes, dont nous sommes, ne sont pas beaucoup plus avancés. Mais comment ne pas ironiser sur une ligne aussi incohérente, sur de telles divergences ?

Que les uns se proclament identitaires flamands et les autres nationalistes belges suffit à révéler le problème de fond : l'absence d'un mouvement identitaire Wallon séparatiste qui servirait de contrepoids aux appétits flamands et qui corrigerait l'asymétrie grâce à laquelle se perpétue l'entité belgicaine.

Nationalistes belges et identitaires flamands... Comment une entreprise aussi bancale pourrait-elle se maintenir sinon en nous jouant le coup du Tous Ensemble Contre L'Islam... alors que la Flandre, aux commandes de son porte-avions fédéral, continue à nous pilonner et à détruire économiquement la Wallonie.

Cette nième tribulation belgo-flamingante a le mérite de souligner, une fois de plus, qu'il n'existe pas, qu'il n'a jamais existé de nation belge. Il y a des Flamands conscients, des Wallons aliénés et des Bruxellois que Jules Destrée évoquait en termes choisis.

Ni islamisation, ni flamandisation de la Wallonie : séparons-nous, rattachons-nous à la France et sortons du bourbier bruxello-européiste...

Mais par pitié, débranchez le gyrophare, votre ambulance roule sur les jantes et elle ne transporte plus qu'un cadavre.

ZLM

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