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11/01/2017

Didi, sabre au clair

Plus la panique croît et plus on se réjouit d'apercevoir l'homme qui ne fait pas de l'épouvante plus de cas qu'elle ne mérite...

Dans mon enfance, alors que je savais à peine lire, une histoire de la guerre des Boxers me fit grande impression...

Un officier de l'Etat-major de Waldersee racontait une exécution d'otages chinois. Ils faisaient la queue, en une longue file, pour être décapités l'un après l'autre.

L'officier s'étonna de voir dans cette queue un Chinois en train de lire un livre. Ce spectacle l'émut et il demanda au responsable de l'exécution la vie sauve pour cet homme. Il l'obtint.

Lorsqu'il fit part à l'intéressé de cette remise de grâce, le Chinois le remercia courtoisement, roula son livre en poche, et quitta le lieu des supplices, qui poursuivirent leur cours.

Je me demandai plus tard : que pouvait-il lire ? Le Kin-Ping-Meh ? Un manuel de culture du lys? 

Celui qui sait se reconnaît non à la matière, mais au fait de son savoir. C'est là ce qu'il faut mettre à l'épreuve...

Il existe des prières creuses comme il existe un sourire qui convainc.

Ernst Jünger : La Cabane dans la vigne

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