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23/01/2017

Horreur... Horreur...

L'horreur entre elle aussi dans le cercle des émotions très longtemps enfouies au plus profond de nous-mêmes pour resurgir avec une force élémentaire lors de formidables secousses. Il est rare que l'homme moderne entende bruire ses ailes au-dessus de son front élevé.

Pour l'homme primitif, l'horreur était la constante et l'invisible compagne de ses courses par les immensités des steppes vides. Elle se présentait dans la nuit, dans le tonnerre et l'éclair pour le jeter à genoux d'une poigne d'étrangleur, lui, notre aïeul, son misérable silex au poing, en butte à toutes les puissances de la terre.

C'était pourtant cette seconde de suprême faiblesse qui l'élevait au-dessus de la bête. Car la bête peut certes éprouver de l'effroi si un danger l'assaille à l'improviste, elle peut éprouver de l'angoisse si elle est poursuivie et acculée, mais l'horreur lui est étrangère.

L'horreur, c'est le premier éclair de la raison.

Ernst Jünger : Le combat comme expérience intérieure.

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