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03/02/2017

Terror Antiquus

 

Nul n'est ce qu'il paraît être. A propos du « principe d'incertitude sur l'identité des personnes », cher à Léon Bloy, Emmanuel Carrère écrit dans son roman Le Royaume : 

Sur ce thème angoissant, la littérature fantastique a donné des milliers de variations. Quelques-unes des plus mémorables sont dues à Philip K. Dick. 

Dans la vie réelle, surtout après son expérience religieuse, Dick faisait subir aux amis qui l'appelaient au téléphone des batteries de tests de plus en plus sophistiqués visant à s'assurer qu'ils étaient bien ceux qu'ils prétendaient être et non des agents du FBI ou des extraterrestres. 

Il était fasciné par les procès de Moscou dont les accusés reniaient sous la contrainte ce qu'ils avaient affirmé toute leur vie, insistant sur le fait que ce qu'ils disent maintenant est la vérité — Staline a raison, je suis un monstre — et qu'il faut tenir pour nul et non avenu tout ce qu'ils ont pu dire auparavant — j'ai raison, Staline est un monstre. 

Paul de Tarse n'était ni Philip K. Dick ni Staline, même s'il tenait un peu de ces deux hommes remarquables. 

Les siècles qui le séparent d'eux, surtout le dernier, ont considérablement perfectionné la paranoïa.

Il n'empêche que quand je lis cette phrase de l'épître aux Galates : Même si, moi, je venais vous dire autre chose que ce que je vous ai dit, il ne faudrait pas me croire, j'y trouve le germe d'un effroi inconnu du monde antique.

Terror antiquus, titre d'un célèbre tableau de Léon Bakst.

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