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01/03/2017

Pédagogie de l'anéantissement

 

Jean-Pierre Dupuy : Pour un catastrophisme éclairé

Depuis le Théétète et le Ménon de Platon, la philosophie définit la connaissance comme une croyance vraie justifiée. Savoir, c'est croire quelque chose de vrai, et le croire pour de bonnes raisons.

La temporalité des catastrophes réfute l'implication que savoir, c'est croire. Toute une série d'arguments s'inscrivent en faux contre cette analyse classique. Nous tenons la catastrophe pour impossible dans le même temps où les données dont nous disposons nous la font tenir pour vraisemblable et même certaine ou quasi.

Posons la question de savoir quelle était la pratique des responsables et des gouvernements avant que l'idée de précaution prenne jour.

Mettaient-ils en place des politiques de prévention... Pas du tout, ils attendaient simplement que la catastrophe arrive avant d'agir, comme si sa venue à l'existence constituait la seule base factuelle légitimant qu'on se permette de la prévoir, trop tard, évidemment.

Lorsque le principe de précaution énonce que l'incertitude scientifique ne doit pas retarder la mise en œuvre d'une politique de prévention, il se trompe sur la nature de l'obstacle.

Ce n'est pas l'incertitude scientifique ou non, qui est l'obstacle, c'est l'impossibilité de croire que le pire va arriver.

La situation présente montre que l'annonce des catastrophes ne produit aucun changement sensible, ni dans nos manières de faire, ni dans nos manières de penser. Même lorsqu'ils sont bien informés, les peuples ne croient pas ce qu'ils savent.

Non seulement, la peur de la catastrophe à venir n'a aucun effet dissuasif, non seulement la logique économique continue de progresser comme un rouleau compresseur, mais aucun apprentissage n'a lieu.

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