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05/03/2017

Oncologie durable

 

Jean-Baptiste Fressoz : L'Apocalypse joyeuse, une histoire du risque technologique.

Prenons la notion de seuil dans le cas de substances cancérigènes. A la fin des années 1940, des toxicologues avertissent les gouvernements : à n'importe quelle dose, certaines molécules issues de la chimie de synthèse accroissent le risque de cancer.

Un consensus se forme pour bannir ces molécules de l'alimentation. En 1958, aux Etats-Unis, la clause Delaney interdit la présence de résidus de pesticides dans les aliments.

Mais dans les années 1970, ce sont finalement l'analyse coût / bénéfice (on tolère un risque en fonction de l'intérêt économique des substances) et la définition de seuils qui s'imposèrent dans les instances de régulation.

Les nouvelles normes internationales telles que doses journalières admissibles pour les aliments ou concentration maximale autorisée pour l'air opéraient un travestissement subtil...

Etant donné l'inexistence d'effet de seuil, elles consacraient en fait l'acception pour raisons économiques d'un taux de cancer acceptable.

Depuis peu, les vocables soutenable ou durable jouent un rôle similaire d'anxiolytiques à destination des consommateurs consciencieux. 

Les entreprises ont très vite compris l'intérêt de cette catégorie malléable et de la certification environnementale car il est toujours possible de trouver ou de créer un label garantissant la durabilité de leurs pratiques productrices. 

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