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09/03/2017

Mine de rien

 

J'écris dans le tas...

Quand j'écris mal, ça me fait du bien. Un peu comme ce tube de Blur... Quand je suis heavy métal, dans le souterrain, avec le chariot qui roule en cognant les buses, les murs, en soulevant de la poussière...

Tube, Blur, Zed, Blog... Vous soupirez. Qui c'est, ce minable ? Vous imaginez un avorton gothique ou un Pierrot chauffagiste, alors que, mine de rien, je suis plutôt solide, dans le genre bipède. Les faibles ont des problèmes, les forts ont des solutions. Disons que les forts ont des réseaux, des recours, des secours, des structures. La force, ça ne vient pas tout seul, ça se construit.

Ton clan, ta cité, ton peuple. Bien sûr, les Flamands sont plus sérieux, plus respectables. Ils défendent leur identité, Monsieur ! Les identitaires Français préfèrent les Flamands aux Wallons, et plus les Flamands méprisent les Français, plus on dirait que les identitaires Français les admirent. 

La Flandre, les Flamands, le Lion des Flandres, il n'y en a que pour eux... à croire que les Ménapiens ont tout inventé : la roue, la bataille des éperons d'or, Sidmar, le port d'Anvers, le Taj Mahal, la soucoupe V-7...

En réalité, les Français, bien qu'ils l'ignorent, sont des Wallons et inversement. Ils aiment l'autocritique, se flageller, avoir mal. Les Flamands, eux, n'éprouvent pas ces sentiments, mais ils vous donneront un coup de main... dans le dos. 

Nous ne vous détestons pas, disent les Flamands aux identitaires Français... Le problème, ce sont les francophones qui s'installent en Flandre...

Solidarité entre Européens ? Ne me faites pas rire... Les Flamands vous méprisent, vous les Français, comme ils nous méprisent, nous les Wallons. Les Flamands n'aiment qu'eux-mêmes — leurs frères Hollandais, ils les détestent aussi, c'est vous dire — et l'argent, toujours plus d'argent. Ils ont un petit côté... comment dire... crochu ?

Les Wallons francophones ont opprimé les Flamands. Et quoi encore ? A l'époque, les Wallons parlaient wallon et pas français. A l'époque, les Wallons étaient opprimés par la bourgeoisie bruxelloise, par des capitalistes apatrides comme ce salaud de Cockerill, qui n'avait rien d'un Wallon.

Les Flamands, et leurs fourbes alliés bruxellois, nous prétendent responsables de tout. Minute, qui détient le pouvoir ? Certainement pas les Wallons qui sont minoritaires dans cette Belgique de m...

Restons Zen...

Ce matin, dans l'aube blême, je pense à vous, les Zen en France, à nous les Wallons, les enfants perdus du Nord, et j'avance sur le trottoir en ressassant toutes ces phrases ; ça fuit de partout, il faut les récrire le soir. C'est compliqué.

Je suis le Zinoviev wallon. Je vis dans le ratorium, un laboratoire pour les rats. Au départ, c'était un test, puis l'expérience a mal tourné et depuis, les petits chariots décrivent des cercles, six pieds sous terre, dans la crasse, sous les tuyaux, en cognant les murs.

Une mine de rien. Maintenant, j'en rêve la nuit, des cauchemars dostoïevskiens, avec des araignées, des bêtes immondes qui creusent des galeries, des terriers, partout. Vous vous souvenez du rêve d'Hippolyte Terentiev, dans L'Idiot ? Ça y ressemble...

D'abord, on n'aperçoit que des trompes qui dépassent du sol, avec des espèces de groins humides qui palpitent, c'est ignoble, répugnant, et puis, les bêtes disparaissent, elles forent des souterrains, jusqu'à ce que le sol se mette à onduler et lorsque les tunnels s'effondrent, le décor se replie en château de cartes et je me réveille, comme la nuit dernière, face aux chiffres de l'horloge qui clignotent dans le noir...

Je ne suis pas un faible. Les forts aussi ont des problèmes. Ici, il n'y a que les morts qui ont trouvé la solution, la quadrature de l'underground. Et tandis que je marche sur le trottoir, et que je remâche ce cauchemar — qui ressemble tellement à cette hallucination qui s'appelle la réalité — je pense à vous qui ne me lisez pas. A cet instant, un lugubre bus rouge-jaunâtre me dépasse, avec une publicité sur son flanc.

Une pub pour un film comique... Un grand black se déboîte la mâchoire de rire. On dirait qu'il voudrait avaler le monde dans son bâillement de nègre. Son corps dégage une impression de jungle, de force élémentaire et incontrôlable... Une petite métisse aux cheveux frisottés, apparemment sa fille, se tient auprès de lui, dans une balançoire de fête foraine. C'est demain que tout commence...

Tout, ça dépend pour qui...

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