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13/03/2017

Le dernier homme

 

Lucian Boia : La fin du monde, une histoire sans fin

Quelle belle expérience en vérité que d'organiser une fin du monde, ne serait-ce que pour se réjouir sadiquement des mines de ses contemporains.

Balzac y avait pensé, vers 1830-1832, sous forme de notes : la fin du monde annoncée pour une époque fixe, ce qui s'en suit, les gens qui ont souscrit des billets qui échéent après la fin du monde, les jeunes filles qui se donnent, les bordels ruinés parce que toutes les femmes se livrent, les avares qui ouvrent leurs coffres, toutes les relations sociales changées, l'on se bat, l'on se tue, un poitrinaire se moque d'un homme en santé. Orgie générale. Plus de masques.

C'était prometteur, malheureusement Balzac se limita à ce plan et n'écrivit pas son roman sur la fin du monde. 

La grande première avait d'ailleurs eu lieu en 1805, lorsque Jean-Baptiste Cousin de Grainville (1746-1806) publia Le dernier homme, poème en prose.

Il en vendit quarante exemplaires. Après quoi, le peu de succès de ce poème auquel il attachait beaucoup de prix lui causa une fièvre violente ; dans un accès, il se jeta dans le canal de la Somme, à Amiens, où il s'était retiré.

Grainville aurait mieux fait d'attendre. Son livre finit par faire une honorable carrière. Il fut traduit en anglais et connut une version française en vers...

Selon Grainvlle, la Terre mourra de vieillesse. Elle deviendra froide et stérile, tandis que l'homme ne sera plus capable d'engendrer. Mais, miracle ! Un nouvel Adam et une nouvelle Eve surgissent et, avec eux, l'espérance d'un nouveau cycle humain...

Pour recommencer la même misérable histoire ? Qu'à cela ne tienne, le dernier homme décide, héroïquement, de renoncer à toute descendance. Il accepte le verdict divin : la fin définitive de l'humanité.

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