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11/03/2017

Archéofuturisme

 

Marc Lebiez : Le culte du nouveau, la gnose dans la modernité.

Créé en 1935 par Himmler, l'Ahnenerbe était chargé de prouver l'ancienneté et la prééminence de la race aryenne.

On était en quête de l'héritage ancestral, qui est à peu près la signification du nom donné à cet institut qui parvient à s'assurer la collaboration d'authentique scientifiques comme le préhistorien Hermann Wirth ou l'indianiste Walther Wüst...

Ce qui est assez fascinant dans l'affaire, c'est l'étonnante juxtaposition de recherches d'une incontestable qualité, et de rêveries perçues comme relevant d'un savoir occulte... 

L'autre point remarquable, c'est l'étrange rapport au temps, cette confusion persistante entre les recherches orientées vers un passé supposé fort lointain, et une fascination pour les techniques plus modernes, comme les soucoupes volantes.

Toute nouveauté est ainsi censée avoir été transmise par les représentants d'une civilisation plus avancée, et cette transmission avoir eu lieu il y a des milliers d'années.

A la fois le nouveau est nié en tant que tel et on ne parle que de lui, sans parvenir à penser les véritables ruptures qui découlent d'une véritable nouveauté.

Comparées à ce que les techniciens aéronautiques ont été capables de faire, avions imperceptibles, drones pilotés depuis un territoire extérieur, les soucoupes volantes ont quelque chose de suranné, de vieux jeu.

En guise d'extrême modernité, ces extraterrestres si avancés semblent bien n'avoir inventé que le moteur à eau et le mouvement perpétuel. 

Dimension technique mise à part, les gnostiques des premiers siècles ont raisonné de manière analogue. Les grands voyages dans l'espace n'étaient pas vraiment de circonstance à l'époque... D'autres mythes les intéressaient, principalement ceux qui touchaient à la vie post mortem.

Et surtout, ils chérissaient les grands voyages dans le temps. Leurs Atlantes à eux, c'étaient les mages égyptiens, les mages perses... Quant à ceux dont la culture étaient plus juive que grecque, ils lisaient Hénoch qui expliquait que c'étaient les anges descendus sur terre qui avaient révélé les mystères aux humains...

Vu la manière dont raisonnent les ésotéristes modernes, ils diraient qu'il s'agissait déjà d'extraterrestres et les gnostiques à l'ancienne mode rétorqueraient qu'il s'agissait encore d'anges.

Qu'importe, il y a identité des démarches : expliquer le présent, en inventant un passé extrêmement lointain, une même manière de prendre au sérieux des histoires comme celles que Platon raconte, non pour leur sens, mais comme des indices d'une vérité cachée qui n'aurait fait qu'affleurer là.

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