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14/03/2017

Pirattachiste

 

Le rattachement de Fiume, c'était pas de la science-fiction

D'Annunzio publie dans La Vedetta d'Italia, le 28 avril 1920, un texte en prose, Le Cheval de l'apocalypse. Il y exalte le geste des Usocchi, les officiers légionnaires, spécialisés dans les coups de mains terrestres et maritimes, et justifie l'acte de piller pour donner.

Etiez-vous les pillards d'un territoire reculé ? Ou bien les pillards de la Terre future ? Je ne sais. Mais vous étiez lumineux dans l'ombre du matin, comme si vous aviez enlevé les chevaux du Soleil dans une caverne de l'Orient profond... C'était plus que l'harmonie de la jeunesse, l'enchantement de l'amour. C'était l'amour aux yeux courageux, qui apportait le don arraché au risque. Si forts et nerveux, si bien bâtis et sculptés, vous étiez les fils de mon esprit, les créatures de cet esprit. Vous n'avez pillé que pour donner. Moi, je n'ai jamais pillé que pour donner...

Cette économie anti-utilitariste — voler, donner, recevoir — réunit dans un réseau de liens profonds ces hommes, les associant dans la poursuite d'un objectif désintéressé : la survie de Fiume.

Hakim Bey s'est arrêté sur le cas fiumain, relisant l'histoire de l'anarchisme à la lumière de zones autonomes temporaires, à partir des aventures de pirates du 18e siècle.

Ces derniers créèrent un réseau d'information très étendu, avec ses îles et ses caches où ils organisèrent des micro-sociétés vivant délibérément hors-la-loi, et bien déterminées à le rester, ne fût-ce que pour une vie brève, mais joyeuse...

Au 20e siècle, souligne Bey, ce fut précisément la république de Fiume qui représenta, d'une certaine manière, la dernière des utopies pirates, ou le seul exemple moderne, et peut-être même la première zone autonome temporaire moderne.

Claudia Salaris : A la fête de la révolution, artistes et libertaires avec D'Annunzio à Fiume, traduction de Philippe Baillet.

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