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13/04/2017

Honore ton ennemi

 

La noblesse au combat a toujours valorisé l'adversaire, l'a respecté et honoré. Dans la vieille tradition qui voulait que l'on rende les honneurs l'ennemi mort ou vaincu, qui voulait que l'ennemi soit d'autant mieux traité qu'il s'était plus durement défendu, il n'y avait pas de mépris. L'absence de mépris pouvait d'ailleurs s'allier avec une grande dureté.

Les Espagnols brûlaient aisément leurs adversaires, ils ne les méprisaient pas. Conquérants de l'Amérique, ils ont beaucoup tué, ils ont pillé, ils ont brûlé, mais en même temps, ils n'hésitèrent pas à s'unir avec les indigènes. La colonisation après eux fut fondée sur le mépris. [...]

Etrange situation : il semblerait que plus les mœurs s'adoucissaient sur le plan matériel, plus le mépris augmentait. [...] On ne brûlait plus les adversaires, mais on les écrasait intérieurement. Temps subtil que le nôtre, qui a fait passer la violence au plan spirituel, qui adopte des conduites humanitaires en accroissant le mépris des hommes.

Jacques Ellul : L'Espérance oubliée

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