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07/05/2017

Le cauchemar a déjà commencé...

 

Samedi, j'ai revu un ancien collègue germanophone. Un peu comme David Vincent qui cherchait-un-raccourci-que-jamais-il-ne-trouva, Laurent était repassé par hasard dans la zone...

En débarquant à la gare, près de dix ans après son départ, il retrouve la même grisaille, le même cafard compresseur. « Mon pauvre vieux, s'est-il exclamé avec un rire jaune, comment tiens-tu le coup là-dedans ? »

C'est vrai. On ne peut pas encore parler de violence physique ou d'actes terroristes. Même les envahisseurs se tiennent relativement calmes... On n'est pas à Molenbeek. Mais ce calme est trompeur...

Partout, il y a cette lente érosion morale, mentale qui finit par affecter le physique. Partout, des visages épuisés, veules, laids... Doomed to be Walloon...

Comment une population pareille résisterait-elle à une catastrophe ? En comparaison, les Français, bien qu'abîmés, semblent plus résistants, plus réactifs, plus costauds. Mais pour combien de temps encore...

— On dirait que c'est partout pareil ici, opine Laurent. Quand je suis venu à L*** avec mes amis allemands, ils s'étonnaient des quantités d'alcool ingurgitées. En plus, la bière est beaucoup plus forte qu'en Allemagne. Ils étaient choqués... Même chez nous, on ne boit pas autant, et pas comme ces poivrots ! 

Le sens de la fête, disent les belgicains et ils clignent de l'œil, comme les derniers hommes de Nietzsche.

Ailleurs, cela s'appelait l'alcoolisme d'Etat et autrefois, dans certains pays, c'était aussi une manière de résister au système. « Le système nous assomme, alors, nous, on s'assomme encore plus fort. »

On a pris deux cafés.

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