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08/05/2017

Peur borgne

Teint livide des fuyards, ténèbres menaçantes, murailles de toile et de pierre dont l'ombre portée voile toute lumière, yeux crevés des ennemis, flèches vers les étoiles... Dans la Légende des siècles, Victor Hugo accumule les mots et les images pour exprimer l'effroi, l'angoisse qui habitent Caïn.

La leçon est limpide : ce n'est pas l'œil de Dieu qui poursuit Caïn mais sa propre conscience. Oui, la leçon est limpide, même si Hugo a tordu la lettre du livre de la Genèse ou, pour le moins, l'a prise à la légère.

Car le récit biblique, s'il parle bien de la peur de Caïn, le fait différemment : Impossible de porter ma faute. De la surface du sol, tu viens de me chasser, loin de ton visage caché, j'irai dans le monde divaguer et trembler, à la merci du premier venu qui me tuera...

Caïn ne craint pas tant Dieu ou sa conscience, du moins pour l'heure, que ces mystérieux premiers venus.

Mais qui sont ces hommes, puisque le livre de la Genèse n'a jusqu'alors jamais évoqué d'autres êtres humains qu'Adam ? De qui Caïn peut-il avoir aussi peur ?

Jacques Arnould : Turbulences dans l'univers

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