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15/05/2017

Violence mécanique

 

You're alone, one dark and foggy night...

Si on prend soudain une balle dans le corps au milieu de Fleet Street, on a des motifs logiques pour déclarer, en adoptant pour base de raisonnement l'usage ordinaire des mots, qu'on nous a, en substance, assassiné.

Mais que l'homme qui nous a tiré dessus, tout compte fait, soit dépeint comme un assassin est une question bien plus subtile encore.

Il peut ne rien avoir, personnellement, d'un meurtrier. Il peut nous avoir tiré dessus en prétendue situation de légitime défense, ayant pris pour geste d'attaque féroce le gracieux mouvement avec lequel nous hélions un taxi.

Il peut nous avoir tiré dessus par un accès de distraction, trompé par notre ressemblance physique avec une cible.

Notre état, une fois abattu, est une affaire évidente. L'état de l'homme qui nous a abattu est une affaire particulièrement hypothétique, qui peut aller de la méchanceté diabolique à l'enfantillage. 

Gilbert Keith Chesterton : Le paradoxe ambulant

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