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15/05/2017

I see belge people

 

L'affiche dans le couloir représente deux bonshommes gras et vulgaires, en salopettes noir et rouge, avec des frites à l'arrière-plan. Noir, jaune, rouge... La Frite ! Leur Belgique, tout en finesse, comme d'habitude. Comment n'ont-ils pas honte ? 

L'acteur principal a le front tartiné de ketchup. Son acolyte est pire encore, une tête de crétin qui s'y croit : le cheveu gras, l'œil vide, la mâchoire pendante. Tous deux suintent la complaisance, entre la bonhomie surjouée et l'accident vasculaire cérébral.

Sept euros pour ça ? te demandes-tu dans la file de la Poste. C'est le syndrome Poelvoorde, l'humour Podium, l'effet Camping. Des petites gens paient pour voir d'ignobles bobos, gavés de subventions, qui prétendent leur ressembler, mais qui vivent dans des palaces et qui se moquent d'eux, de leur misère.

— Vous comprenez, monsieur ? Il faut apporter sa photo... Vo-tre pho-to !

La petite italienne au comptoir répète sa question à un vieil escogriffe livide. La scène dure déjà depuis quelques minutes. Le vieux n'entend rien. Il bredouille, s'excuse et la petite italienne lui demande, préoccupée : « vous vivez seul, monsieur ? »

Ce vieillard solitaire et déphasé qui te tourne le dos, c'est peut-être toi, dans une vingtaine d'années... si tu tiens jusque-là. Du coup, tu as l'impression d'être son fantôme, son esprit désincarné, en train d'assister au déroulement de ta vie, un peu comme dans ce film américain. I see dead people... I see belge people...

Une fois dehors, tu ne croises que des Africains. Malgré leur nonchalance, ils apparaissent plus compacts, plus réels que tous ces belgogos sous antidépresseurs et posthumes à eux-mêmes.

Non, l'atmosphère n'est pas (encore) à la guerre civile, mais au régal des vermines. Les nécrophages socioculturels, les associations, les médias bruxellois, tous ils répètent : on est belges ! Mais la Flandre vient secouer le rêve des zombies.

Di Rupo est un mort-vivant, a déclaré De Wever, avec son rictus sadique. Et la Flandre de donner un nième coup de pied à la créature de Frankenstein, cette Belgique-Karloff, rongée d'asticots maçonniques, cramponnée à sa perfusion royale.

Scinder la sécurité sociale ? Pourquoi pas ? Tout ce qui penche, il faut le pousser, dit le Coq nihiliste. Et le Lion flamand répond : tout ce qui faisande, il faut le plumer. Ce n'est pas exactement pareil... mais, de toute manière, ça se terminera mal.

Tandis que tu avances dans cette désolation, tu aperçois des affiches semblables à celle de tout à l'heure. La frite ! Ils sont partout... Sur les vitrines, les fenêtres... Partout, le même duo de dégénérés... Le ketchup dégouline sur leur visage comme un film d'épouvante.

La Belgique des morts-vivants...

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