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11/06/2017

Le paumé du dépôt de livres

 

Vincent Bugliosi, juriste et procureur américain, auteur d'une enquête sur Charles Manson, le « hippie nazi », est également connu pour sa somme (non traduite en français) de plus de mille pages sur Harvey Lee Oswald. 

Il y démontre, preuves matérielles à l'appui, la culpabilité d'Oswald et réduit à néant les thèses conspirationnistes.

Les mystérieuses Editions de l'Orme rouge, situées à Paris, ont publié un extrait de cet opus magnum, sous le titre Le Paumé et le Président ou le complot inexistant.

Voici quelques passages de ce livre passionnant qui nous rappelle que le vrai révisionnisme est un anti-conspirationnisme.

*

Qu'Oswald ne fut jamais en mesure de fournir la moindre preuve le disculpant est en soi une preuve de sa culpabilité. Si, comme le prétendent les conspirationnistes, Oswald fut la victime d'une machination, et qu'il en était conscient, alors il aurait sûrement su qui avait monté le coup, ou il en aurait eu une idée.

Pourtant, comme nous l'avons vu, lors de sa garde à vue, au lieu de tenter de se disculper en désignant ceux qui l'auraient manipulé, Oswald s'enfonça encore un peu plus, en racontant mensonge sur mensonge, tous plus grossiers les uns que les autres, démontrant par là qu'il se savait coupable.

La thèse de la manipulation est-elle crédible ? Non, de toute évidence, Oswald ne fit jamais porter le chapeau à quiconque, car ce chapeau n'allait qu'à lui seul.

Même s'il n'avait pas eu la moindre idée de qui l'aurait manipulé, chose peu probable, s'il avait su qu'il n'avait pas tué Kennedy avec le fusil Carcano, alors pourquoi, de colère, n'aurait-il pas déclaré aux policiers qui l'interrogeaient quelque chose comme : Oui, le fusil Carcano m'appartient, mais quelqu'un l'a volé où je l'entreposais dans le garage. Trouvez celui qui m'a volé le fusil et vous trouverez l'individu qui a tiré sur Kennedy.

Il faut noter qu'après plus de quatre décennies de recherches, les conspirationnistes sont incapables de présenter la moindre preuve crédible que quelqu'un d'autre ait tué Kennedy [...]

Comment alors expliquer, comme je l'ai exposé, qu'il existe cinquante-trois éléments de preuves qui le désignent comme coupable et au terme d'une enquête colossale de près de quarante-quatre ans, pas un seul élément tangible désignant quelqu'un d'autre ? Qui d'autre à Dallas, ce jour-là, se comportait et agissait comme un coupable ? Personne. Il n'y avait que Lee Harvey Oswald.

Connaissant les conspirationnistes comme je les connais, je vous assure que si un seul des cinquante-trois éléments de preuve à charge que j'ai présentés avait concerné un tiers, cet élément, tout isolé qu'il fût, aurait amplement suffit à convaincre la communauté conspirationniste que c'était ce tiers et non Oswald l'assassin de Kennedy.

Si quelqu'un eut jamais le profil psychologique type d'un assassin de président, c'était bien Oswald. Voilà quelqu'un qui possédait non seulement une propension à la violence —cf. sa tentative d'assassinat contre le général Edwin Walker, sept mois avant l'attentat de Dallas et sa menace de faire sauter l'immeuble du FBI deux semaine avant le 22 novembre 1963.

Il souffrait aussi d'un déséquilibre émotionnel et psychologique. C'était un perdant, amer, frustré et raté, qui se sentait exclu de la société, qui ne pouvait s'entendre avec personne ; de manière irrationnelle, il s'imaginait entrer dans l'histoire et rêvait de grandeur et de changer le monde. 

C'était quelqu'un dont l'idéologie rongeait la vie quotidienne [...] Enfin, il haïssait son pays et ses représentants au point de faire défection et de s'installer dans un des endroits les moins accueillants du monde [l'URSS]

La culpabilité d'Oswald, en réalité, ne fait pas l'ombre d'un doute ; de même, il ne fait aucun doute qu'il a agi seul.

Mais pour la mentalité conspirationniste, incapable d'admettre la possible irruption, dans l'histoire du hasard et de l'imprévu, il est proprement scandaleux et insupportable qu'un tel paumé, qui vivait au moment des faits dans une espèce de réduit aux dimensions d'un placard, ait pu tuer le président en exercice de la première puissance mondiale.

*

Quel département de l'Etat profond américain aurait été assez stupide pour confier une telle opération à Oswald, voire à préméditer un attentat aussi spectaculaire, alors que les dossiers scabreux ne manquaient pas pour mouiller le Président, connu pour ses frasques sexuelles. 

Cui bono ? Contrairement à la la légende, Kennedy n'avait rien d'un pacifiste et ne représenta jamais une menace pour le complexe militaro-industriel. Par ailleurs, d'autres présidents américains furent assassinés en fonction, sans que cela ne produise de telles théories du complot. 

La seule originalité de Kennedy fut d'être un président américain catholique. Le complot contre Jésus ? Mais oui, bon sang de bois... Marilyn Monroe, c'était Marie Madeleine ! 

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