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14/06/2017

Raining blood

I was born and raised Catholic.  - Tom Araya

La vitalité du sang, ou plutôt l'identité du sang et de la vie étant posée comme un fait dont l'Antiquité ne doutait nullement, et qui a été renouvelé de nos jours, c'était aussi une opinion aussi ancienne que le monde que le ciel irrité contre la chair et le sang, ne pouvait être apaisé que par le sang ; et aucune nation n'a douté qu'il y eût dans l'effusion du sang une vertu expiatoire !

Or ni la raison ni la folie n'ont pu inventer cette idée, encore moins la faire adopter généralement. Elle a sa racine dans les dernières profondeurs de la nature humaine, et l'histoire, sur ce point, ne présente pas une seule dissonance dans l'univers. 

La théorie reposait sur le dogme de la réversibilité. On croyait, comme on a cru et comme on le croira toujours, que l'innocent pouvait payer pour le coupable ; d'où l'on concluait que la vie étant coupable, une vie moins précieuse pouvait être offerte et acceptée pour une autre. On offrit donc le sang des animaux, et cette âme offerte, pour une âme, les anciens l'appelèrent antipsychon ; comme qui dirait âme pour âme, âme substituée. [...]

Il n'y a rien de plus connu dans l'Antiquité que les tauroboles et les crioboles. [...] Le sang coulait en forme de pluie sur le pénitent, qui le recevait sur toutes les parties de son corps, et l'on croyait que cet étrange baptême opérait une régénération spirituelle. Une foule de bas-reliefs et d'inscriptions rappellent cette cérémonie et le dogme universel qui l'avait fait imaginer.

Joseph de Maistre : Eclaircissement sur les sacrifices.

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