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16/06/2017

Mars à mort

 

 — On déménage dans des containers, là-bas, dit-il d'un air contrarié, en indiquant le parc. Pendant un an et demi...

Des containers ? Tu imagines un bidonville en train de cuire sous un hideux soleil. Que dire ? Un encouragement, peut-être... Un an et demi, ça passe vite... Envoyez-moi des cartes postales...

Tu repenses à cette histoire d'Edmond Hamilton, Comment c'était là-haut ? Un astronaute revient sur terre après un séjour dans une colonie martienne.

What's like up thère ? lui demande le chauffeur de taxi. A chaque fois que les Terriens lui posent la question, l'astronaute évite de répondre — c'était différent — et à la fin, il pleure seul dans son coin, au souvenir des copains qui y sont restés, perdus dans leur ville de tôle, dans les sables de la planète rouge.

Il faut se faire à l'idée. Nous sommes les Martiens de la mort. En Wallonie, nous sommes tous superflus. En Wallonie, nous sommes tous interchangeables, délocalisables. Il faudrait désintégrer cette maudite Belgique, se téléporter en France... It's imperative that our race continue to exist...

Lorsque tu reviens au bunker, avec une pile de dossiers sous le bras, tu contournes la chaudière, avant de bloquer la porte du sous-sol. 

Une bouffée d'air brûlant, mêlée d'un remugle d'égout, remonte des profondeurs.

Oui, là-bas, je sais...

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