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18/06/2017

Maison de douleur

 

Dans la légende de Maître Manolé, célèbre ballade roumaine du Moyen Age, il est question de trois maîtres maçons qui ont entrepris de construire un pont ; un oiseau révèle au frère aîné que, s'il veut assurer la pérennité de l'ouvrage, il doit immoler l'épouse du puîné et l'emmurer dans la construction.

Des variantes racontent qu'il s'agit plutôt de l'édification d'une cité, tout en maintenant le sacrifice humain comme une nécessité magique. Il s'agit alors, non plus d'une femme, mais de deux jeunes gens, des jumeaux, qui finalement seront épargnés au détriment de leurs épouses.

Ce qui reste central est la notion de sacrifice, la mort permettant seule à la vie de rejaillir d'une manière cyclique, même si la version la plus tardive de la légende de Manolé est christianisée. Il s'agit d'édifier un monastère, en l'occurrence celui de Curtea de Arges, pour lequel un lieu propice doit être recherché. 

Chaque fois que les bâtisseurs élèvent les murailles de l'édifice, celles-ci s'écroulent dans la nuit suivante, parce que la sacralité du lieu fait défaut.

L'histoire se termine tragiquement par la mort de Maître Manolé qui choit des murailles et se tue. Là où il est tombé jaillit une source, mais l'achèvement de la construction est assuré, car le lieu propice a été trouvé pour le sanctuaire. [...]

La mort contre la vie. Le sang versé pour la survie. Vieux thème que le mythologue Mircea Eliade a parfaitement explicité dans son ouvrage De Zalmoxis à Gengis Khan.

Codreanu et la Garde de fer, histoire d'une tragédie (1920-1945) : Michel Bertrand

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