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28/06/2017

Von Fall zu Fall

 

C'est dans la Genèse, c'est pas des foutaises, chantaient les Inconnus... à quoi Jacob Taubes et Carl Schmitt répondent : toutes les notions politiques modernes sont des notions théologiques sécularisées. Ainsi, notre conception de l'histoire porte la marque du péché originel. Extrait de : Le temps presse, du culte à la culture par Jacob Taubes. 

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Le monolithe du récit biblique du péché originel se dresse devant tout concept moderne d'histoire. Le narrateur biblique place au début Adam, en tant qu'image de Dieu, dans le status integratis du Paradis, état originel à partir duquel s'est produite la Chute et à partir duquel lui et sa descendance se sont de plus en plus empêtrés dans la culpabilité, de chute en chute, jusqu'au Jugement dernier. [...]

C'est intentionnellement que, dans les livres bibliques, l'histoire de la chute d'Adam reste cachée.

Ni le Deutéronome, ni les Livres des Prophètes, pas plus que les Evangiles, n'ont recours à l'histoire de la Chute. Il semble que seule la réflexion messianique de Paul sur le Second Adam ait permis le rendre le récit de la Genèse en mesure d'être cité. Il faut attendre l'Epître aux Romains pour que soit tracée une ligne reliant le premier et le Second Adam.

Ce n'est que de manière eschatologique que l'histoire originelle, c'est-à-dire l'archéologie, devient importante, en un sens qui demeure caché dans le cours même de l'histoire. La révélation au sens strict ne survenant qu'au début et à la fin. Mais ce rendez-sous secret entre le premier et le second Adam n'a pas lieu dans l'histoire. 

Nous ne voyons le maintenant de l'Histoire que dans un miroir et de façon confuse. Or, le reflet du miroir, comme le signale Paul, offre une image inversée du monde et de l'histoire. L'histoire est l'intervalle de temps pendant lequel s'opèrent le retournement et la dégénération de l'homme.

Mais en intégrant le premier et le dernier Adam dans une seule et unique constellation, Paul rend possible le vocabulaire de toute la doctrine du progrès qui caractérise le concept moderne d'histoire. Car si par un seul homme, par la faute d'un seul, la mort a régné, a plus forte raison, par le seul Jésus-Christ, régneront-ils dans la vie ceux qui reçoivent l'abondance de la grâce et du don de la justice.

C'est le schème de toute ruse du progrès qui offre à la fin davantage de connaissance que n'en portait lui-même le commencement.

Alors que chez Paul, le progrès était l'expression de l'effacement de la trace du péché, une fois temporalisé, le progrès a pu devenir l'indice du développement du gaz, de la vapeur et de l'électricité.

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