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30/06/2017

Dans la peau

 

Toi, jeune homme, ne désespère point ; car, tu as un ami dans le vampire, malgré ton opinion contraire. En comptant l’acarus sarcopte qui produit la gale, tu auras deux amis.

Lautréamont : Chants de Maldoror, chant 1, strophe 14.

Nobodaddy

Régis Messac (1893-1945), précurseur de la science-fiction française, spécialiste du roman policier, résistant et pacifiste, mort en déportation, fut surnommé le Swift des Charentes.

Dans Quinzinzinzili, publié en 1935, il anticipe un conflit mondial au gaz toxique. Toute la planète est empoisonnée. Seuls ont survécu un groupe d'enfants et leur précepteur, enfermés dans des grottes de la Lozère.

Au cours de la catastrophe, les enfants mutent en troglodytes, oublient jusqu'au souvenir de leur nom et perdent progressivement leur langage. Ainsi, le titre est la déformation nasillarde de Qui es in coelis : (Notre père) qui êtes aux cieux. 

Messac rompt avec le cliché de l'enfant comme bon petit diable : ses dégénérés réinventent la science, la guerre, le matriarcat, mais sous une forme brutale et impitoyable. Cette caverne n'a rien de platonicien — plutôt un cauchemar nihiliste qui nous rappelle que l'enfance est simplement la plus grande proximité au péché originel.

Quand un individu est mort, il n'existe plus. Les sentiments qu'il inspirait disparaissent avec lui. On ne l'enterre pas, on se débarrasse de son cadavre parce que c'est un objet gênant, voilà tout.

Le narrateur, une espèce de pédagogue dépressif et désengagé, prend le nom d'Eschatos qu'il lègue au premier-né de la tribu. Le dernier homme devient ainsi symboliquement le premier habitant d'un nouveau monde. Néanmoins, vu leur état de dégénérescence, il y a tout lieu de croire que les premiers seront aussi les derniers...

Oh, et puis, qu'est-ce que ça peut me faire ?

*

Quand je songe à l'avenir, je vois un nouveau calvaire collectif, une nouvelle ascension pénible et douloureuse vers un paradis illusoire, une longue suite de crimes, d'horreurs et de souffrances.

Ah, si j'avais le choix, je n'hésiterais pas. Je les tuerais tous, et je ferais éclater le faible crâne de cet enfançon sur les parois de la caverne, comme une noisette.

Mais je n'ai plus de force. Et puis... Et puis, quoi ? Qu'est-ce que ça peut me faire ? L'élan est donné, qu'il continue. Croissez et multipliez, mes enfants. Quelle farce !

Une nouvelle société va naître, aussi ridicule, plus ridicule, peut-être, que l'autre, pleine d'une bêtise infinie, lardée et entrelardée de ruses barbares et de raffinement puérils, compliqués et inutiles. Toutes choses qu'ils nommeront eux aussi science, progrès, intelligence et civilisation, ou quelque chose d'approchant.

Salut et adieu. Je n'ai plus rien à faire ici. Qu'aurais-je à vous dire, et que pourriez-vous pour moi ? Comment est-ce que je m'appelle déjà ? Eskhatos ? Non, ce n'est plus mon nom. Je l'ai donné, ou ils me l'ont pris.

Je ne sais plus qui je suis. Ni si je suis. Oh, et puis... Qu'est-ce que ça peut me faire? M'en fous.

Quinzinzinzili !

*

Quinzinzinzili est un petit roman drôle et grinçant sur l'extinction de l'Europe. Mais les périls sont-ils les mêmes aujourd'hui ?

Les survivants de Messac citeraient-ils encore le Notre Père ? Rien n'est moins sûr... Doit-on craindre l'asphyxie ou la submersion, bien que les deux soient sans doute liés ? 

Comme disait Fabiola : je ne voulais pas d'enfants, j'avais trop peur que ce ne soit un belge... et belge, vous et moi, nous savons ce que cela veut dire. Rien.

Vallone vero

 

Faut s'adapter...

Source La Libre : Villers-la-Ville, un soir d’été. A l’invitation de l’Awex, les ruines de l’Abbaye accueillent les "ambassadeurs" de la marque Wallonia.be. Un réseau de personnalités qui aiment la Wallonie et le clament aux quatre coins de la planète.

Parmi les 200 convives, on trouve Pierre Rion. On sait le "business angel", amoureux du terroir wallon, très chatouilleux sur la provenance des produits mis en évidence lors de ce type de réception. Alors, quand il découvre que l’on sert aux invités un vin italien, son sang ne fait qu’un tour !

Il se fait que Pierre Rion est le président des vignerons wallons… Il est donc bien placé pour savoir que la Wallonie produit de très bons vins. Il est d’autant plus remonté que ce n’est pas la première fois qu’un événement organisé par une institution publique wallonne oublie de vanter la qualité des produits "made in Wallonia".