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12/07/2017

J'ai déjà donné

 

Les réseaux sociaux, c'est un peu comme les thérapies de groupe, les formations aux heures du conte ou les réunions d'équipes : mieux vaut les voir de loin que d'y participer.

Voici ce qu'écrivait ce vieux fou de Deleuze — nous nous sommes tant aimés — à propos des prises de tête. 

C'est déjà difficile de comprendre ce que quelqu'un dit. Discuter, c'est un exercice narcissique où chacun fait le beau à son tour : très vite, on ne sait plus de quoi on parle. Ce qui est très difficile, c'est de déterminer le problème auquel telle proposition répond.

Or, si on comprend le problème posé par quelqu'un, on n'a aucune envie de discuter avec lui : ou bien on pose le même problème, ou bien on pose un autre et on a plutôt envie d'avancer chacun de son côté.

Comment discuter si on n'a pas un fonds commun de problèmes, et pourquoi discuter si on en a un ? On a toujours les solutions qu'on mérite d'après les problèmes qu'on pose.

Les conversations, c'est autre chose. La conversation est un exercice hautement schizophrénique, qui se passe entre individus qui ont un fonds commun et un grand goût des ellipses et des raccourcis. La conversation est un repos, coupé de silences, elle peut donner des idées.

Mais la discussion ne fait aucunement partie du travail philosophique. Terreur de la formule : on va discuter un peu.

Pour ma part, j'avoue quelques idées fixes, mais j'ai aussi un très bon tournevis. D'ailleurs, je n'ai rien à vendre et je ne vous demande rien... pas même de me lire, surtout pas !

C'est bien simple : faites comme si je n'avais rien dit.

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