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23/08/2017

Gentleman spéculateur

 

Tout se passe à la cave !

C'est simple, c'est divin, c'est biblique.

Ce qui était bien, c'est que Madoff ne faisait pas dans le détail. Il trompait même ses meilleurs amis ! Même les plus anciens, ceux qui avaient le plus confiance en lui et qui avaient investi sans aucune garantie dans la société de courtage. Il allait jusqu'à refuser des clients, pour faire plus crédible. Du coup, c'était les autres qui le recherchaient, qui lui couraient près. [...]

Madoff s'attaquait à Wall Street. Il complétait le travail de Ben Laden, en percutant la finance, lui aussi. Après les contenants qu'avaient été les deux tours, le contenu qu'étaient les banques ! C'était la punition de l'Usure ! L'usure mise à nu par ses usuriers mêmes... Erza Pound aurait été fier de lui ! [...]

Les cibles de Madoff, c'étaient les associations caritatives juives américaines, les philanthropes du bénévolat et dans bénévolat, il y a vol... Et beaucoup d'organisations humanitaires. Trop bon ! [...]

Il y avait presque quelque chose de moral dans l'action de Madoff, ce Robin des bois à moitié, qui volait aux riches mais pour se donner à lui. C'est toujours mieux que ces Robins des bois à l'envers qui volent aux pauvres pour donner aux riches.

Il y avait également quelque chose qui aurait fait l'admiration de Spaggiari. Madoff aussi avait des complices qui travaillaient sous ses ordres, au sens propre. Les vraies choses se passaient au sous-sol, à la cave, pratiquement dans les égouts. Encore Spaggiari !

Là, c'étaient les petites mains qu'on négligeait, tous ces gars au milieu d'un bordel de vieux ordis, de tas de paperasse, tractant avec le bureau d'au-dessus, nickel et très ordonné, où régnait un Madoff impeccable, bien habillé, strict, calme, rassurant. 

En haut, comme sur le pont, il donnait le change, c'est le cas de le dire, et en bas, c'était la soute à la Kafka dans Amerika ! Car Madoff ne plaçait rien nulle part ! L'argent, il le gardait pour une partie sur son propre compte, pour avoir de quoi ensuite le redistribuer aux clients soupçonneux, pressés ou exigeants. [...]

Ah ! Quel personnage Bernstein aurait tiré de Bernard Madoff  ! Un petit bonhomme souriant, avec une casquette, sans aucun signe extérieur de richesse ni d'escroquerie, d'ailleurs. Ses principales victimes, c'étaient les juifs eux-mêmes. Les organisations de collecte de fonds pour Israël, les universités juives américaines...

Madoff était le plus grand antisémite de notre époque !

Marc-Edouard Nabe : Les Porcs, tome 1

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