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16/09/2017

Surgissement du mythe

 

Mircea Eliade situe l'expérience du sacré dans un temps anhistorique (illud tempus) comme René Guénon fait remonter la Tradition à l'au-delà de l'Histoire. Cependant, le savant roumain n'adopte pas la conception cyclique et involutive du temps de Guénon, mais se réfère à une conception circulaire et régénératrice de l'Histoire.

Autrement dit, il s'intéresse moins à la sortie de l'Histoire, ou à une fin de cycle, qu'aux possibilités de surgissement du mythe dans le présent. En cela, sa vision paraît plus optimiste et plus tragique : il appartient à l'individu, pris dans les mailles de l'Histoire, de se faire violence pour créer sa propre histoire.

Enfin, Eliade ne croit pas à la doctrine initiatique énoncée par Guénon qui n'est, dans le meilleur des cas, qu'une illusion. Pour Eliade, l'initiation désigne le passage d'un état de conscience à l'autre, mais ne se confond jamais avec une théorie générale de la connaissance.

Ses journaux évoquent de façon récurrente les épreuves initiatiques que l'individu doit traverser dans le cours de son existence, mais il s'agit moins d'expériences religieuses que de moments privilégiés qui révèlent le sens profond d'une vie.

De ce point de vue, la connaissance dépend moins d'une révélation primordiale, transmise par l'initiation, que d'une expérience originaire, ancrée dans les consciences.

David Bisson : René Guénon, une politique de l'esprit, éditions Pierre-Guillaume de Roux, un livre recommandé par Wallonie Underground.

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