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27/07/2017

Le batcave se rebiffe

 

C'est une chose laide, un vaincu.

L'être qui porte au front le stigmate de la défaite, quels qu'aient été sa bravoure dans le combat et ses efforts vers la victoire, n'est pas beau à contempler. Il a perdu, au moins momentanément, l'estime de lui-même et la confiance en soi qui sont la marque de l'individu libre.

S'il put échapper à l'esclavage matériel, la servitude morale pèse sur lui, l'enserre, l'étreinte ; et il cesse d'être un homme, oui, pour devenir une chose.

Pourtant lorsque le vaincu a le courage de comprendre qu'il a mérité son sort, et de l'accepter, de boire d'un coup l'amertume de la défaite et de renoncer franchement aux représailles ; ou bien quand, silencieusement, sans forfanterie et sans bravade, il se met à réparer ses forces et forge, des débris de l'épée que le vainqueur a rompue dans ses mains, l'arme qui doit faire sortir de la revanche une existence nouvelle ; lorsqu'il se résout à n'élever le front et la voix que le jour où il pourra lever aussi ses deux poings armés et s'avancer vers l'ennemi triomphant...

Alors, le vaincu perd de sa hideur ; une certaine fierté brille dans son œil que le malheur a terni, et il peut y avoir quelque noblesse dans la résolution muette de son geste.

Il est encore presque un homme.

Georges Darien : La Belle France

Pollice verso

Mais lorsque le vaincu travestit ses revers en victoires morales, lorsqu'il se fait un manteau de théâtre du haillon de drapeau qui lui fut laissé, lorsqu'il prend des poses, crâne, parade, provoque, rentre dans son trou au premier signe de danger, en sort plus insolent que jamais, braille, aboie, jappe, insulte, menace, disparaît pour reparaître et pour faire la roue ; alors le vaincu n'est pas seulement une chose laide ; c'est une sale et méprisable chose - c'est une ordure.

Georges Darien : La Belle France

Nous sommes le peuple... Quel peuple ?

 

Quand on voit ce que sont devenus les maîtres et ce qu'est devenu le peuple, on s'aperçoit facilement que ce n'est pas le peuple qui s'est donné des maîtres, mais que ce sont les maîtres qui, peu à peu, systématiquement, ont réussi a créer le peuple qu'il fallait, le peuple selon leur cœur, le peuple à leur image, le peuple de l'ignoble politique des coups d'épingle, des coups de gueule, des coups de Bourse...

Georges Darien : La Belle France