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29/07/2017

Je suis oligarchie

 

Le public, malgré tout, aime beaucoup ses journaux ; ils les aime tellement qu'il paye deux fois pour les avoir ; indirectement et directement. Il paye directement lorsqu'il achète le numéro du journal et indirectement lorsqu'il paye ses impôts. Preuve de la haute valeur de cette presse ; car s'il en était autrement, le gouvernement toujours soucieux de la bonne administration des deniers publics ne la subventionnerait pas. [...]

On ne se figure pas ce qu'on peut remplir de colonnes avec des tirades sur la réconciliation nécessaire de tous dans le culte de la patrie. On peut aussi noircir beaucoup de papier en insultant les gens du pouvoir lorsqu'ils ne vous paient pas et en chantant leur gloire lorsqu'ils vous paient, voilà ce que n'oublient pas les journalistes...

Georges Darien : La Belle France

22/07/2017

Slam byzantin

 

— Tu as vu leur catalogue de formations ?

— Non, cela m'est devenu indifférent. La lecture publique, c'est une grosse dondon au milieu d'un parc, en train de lire des histoires débiles à des enfants qui n'en ont rien à faire... Tout à coup, un djihadiste surgit d'un bosquet, hirsute comme un loup, laid comme le péché, et là, la matrone meugle comme une vache à l'abattoir : attendez, vous n'aurez pas ma haineje vais vous donner le goût de la lecture...

Sauvez les livres, formez des bûcherons.

— Ne ris pas... Il y a dix ans, je me souviens qu'ils avaient organisé un atelier de slam. Evidemment, les textes étaient mauvais à pleurer. Entre aphasie et cucuterie... Ils les avaient imprimés et à la fin du fascicule, on trouvait le slam d'un brave-petit-gars-bien-de-chez-nous : Le siège de Constantinople et qui annonçait tranquillement la couleur. Décadence de l'empire byzantin... Les Ottomans sont aux portes de l'Europe... Les fiers guerriers turcs arrivent... Vous allez être assiégés...

— C'est pas vrai... 

— Si ! Et en attendant, question impro, c'était lui le meilleur.

16/07/2017

Du pays des Géraséniens...

 

— Mais c'est la parabole de l'Enfant prodigue qu'il nous débite, ce monsieur. Il va nous apprendre que son héros fut réduit à garder des porcs, en mourant de faim et qu'un beau jour, las du métier, il revint à la maison de son père, qui se sentit tout ému, le voyant arriver de loin.

— Hélas ! non, madame répondit Apemantus d'une voix très grave, ce furent les cochons qui arrivèrent. 

Léon Bloy : Histoires désobligeantes