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13/05/2017

« Je vous écris en cours de chute...»

 

La Chute est une vision de la vie. C'est non seulement l'unique vision éclairante de la vie, c'est aussi la seule qui soit encourageante.

Elle maintient, contre les seules philosophies réelles alternatives que sont celles du bouddhiste, du pessimiste et du prométhéen, que nous avons fait un mauvais usage du monde bon et non simplement été pris au piège dans un monde mauvais. Elle renvoie le mal à un mauvais usage de la volonté et, par conséquent, implique qu'il peut être réparé grâce à un bon usage de la volonté. Toute autre croyance est une forme de reddition à la fatalité. [...]

L'avant et l'après, il nous faut contempler, et nous languir de ce qui n'est pas (Shelley) — cri lancé par les prudes et les progressistes depuis les profondeurs abyssales du cœur brisé de l'homme : le bonheur n'est pas qu'un espoir, il est aussi, d'une étrange façon, un souvenir ; nous sommes tous des rois en exil.

Gilbert Keith Chesterton : La Chose — pourquoi je suis catholique.

C'est de l'hérésie !

 

La naissance et la mort de chaque hérésie ont été essentiellement toujours les mêmes. Un catholique morbide ou un peu déséquilibré s'empare d'une idée parmi des milliers d'idées catholiques.

Il annonce qu'il se soucie plus de cette seule idée catholique que du catholicisme même. Il s'en va dans le désert avec son idée qui, dans la chaleur du désert, devient une image, un mirage, une idole.

Puis, après un ou deux siècles, il se réveille en sursaut et découvre que l'idole est une idole et, peu de temps après, que le désert est un désert. S'il est sage, il se dit qu'il est un fou.

S'il est fou, il se dit qu'il est un progressiste et qu'il a dépassé la vénération des idoles. Il regarde autour de lui le désert, qui s'étend, vide et désolé, et il se dit : Je n'y vois absolument aucune limite.

Gilbert Keith Chesterton : La Chose — Pourquoi je suis catholique

Dogma

 

Les libres-penseurs sont de temps à autre pensifs, même s'ils ne sont jamais libres, affirmait Chesterton. On pourrait en dire autant des catholiques belges. Mais qu'est-ce qu'un catholique belge ? Précisons que l'auteur de ces lignes ne se définit pas en tant que tel. 

Tout d'abord, belge n'est pas flamand. Belge est synonyme de wallon aliéné. En Wallonie, on naît catholique, socialiste ou libéral selon qu'on naît dans une commune catholique, socialiste ou libérale. 

Bien sûr, au sein d'une commune, des conversions peuvent se produire, mais le passage d'un milieu à l'autre s'avère toujours difficile, voire impossible : vous garderez toujours votre couleur d'origine. Reste alors à déménager, pour se refaire une virginité... et là, vous vous apercevez qu'en fait, il n'existe aucune différence entre catholiques, socialistes ou libéraux.

Oh, moi, les dogmes, hein, nous répétait une catholique bien belge. La foi... qu'appelle-t-on la foi, hein ?, nous déclarait le vicaire, d'un ton patelin, en clignant de l'œil. 

Les migrants... Il ne faudrait surtout pas qu'un dingue arrive et... nous disait un conférencier, avec une grimace, en levant le bras à l'oblique. Mais bien sûr, qu'il faut accueillir tous les migrants... Parce qu'il y a eu Hitler... Parce qu'on est tous frères... Tiens, les socialistes nous disent la même chose... Les libéraux aussi...

Combien en avons-nous rencontré de tels cathos ? De la mère-catéchisme alcoolique, théologiquement ignare et à demi-folle, au prélat enduit de pommade jésuitique qui copine avec la maison de la laïcité, jusqu'au gentil papy d'origine sicilienne qui se présente comme catholique intransigeant... et qui admire Frédéric II Hohenstaufen ! On n'a rien contre l'oncle Fritz, ni contre la Sicile... mais un minimum de cohérence, quand même !

Vous nous direz : comment pouvez-vous les critiquer, vous qui n'avez pas la foi... Et comment l'avoir avec de tels exemples ? Ce qui est sidérant, outre leur manque d'épine dorsale, c'est leur mollesse, voire leur connivence face aux attaques constantes des médias bruxellois...

La mère Milquet d'avouer que non, bien sûr, elle n'a jamais vraiment eu la foi, hein... Le comble ! Et quelle réaction dans la société civile ? Aucune ou quasi... Ces cathos sont belgos et tout ce qui est belgo est mytho, bidon, creux, en tout cas étranger au christianisme, comme à toute idée de grandeur ou de vérité surnaturelle. La bière et les frites, une fois !

Aucun de ces belgo-cathos ne s'est jamais étonné que le premier roi de son pseudo-pays ait été un maçon réformé qui ne voulait même pas devenir roi ! Aucun de ces cathos n'ose critiquer les subventions à la laïcité, constituée en police para-religieuse ! Aucun de ces cathos n'a jamais évoqué la préservation de l'identité wallonne face aux flux migratoires déchaînés ! Au contraire... ils ont toujours parlé dans le sens de Bruxelles !

Pour trouver des catholiques conséquents, enracinés, identitaires, il faut aller en Flandre, là où le catholicisme constitue encore le vecteur d'une cause nationale et où il reste inscrit dans une communauté de destin qui, justement, n'a rien de belgeEn fait, le catholicisme flamand ressemble à un maurrassisme, la monarchie en moins, ou alors, en version orangiste. 

Les Flamands seraient-ils des protestants qui s'ignorent ? Mieux vaut être un parpaillot refoulé qu'un belgogo floué. Car l'utopie belgicaine n'est qu'un idéal maçonnique inavoué : un improbable mélange de chigaliovisme, de taylorisme et de cosmopolitisme.

Quant au catholicisme à la sauce belge, selon l'ignoble expression en vogue, il n'est qu'une huile frelatée qui permet aux rouages de l'usine de tourner, de broyer, de recycler ce qui reste du peuple Wallon.

Avec Dieu, toujours. Avec leur Belgique, jamais!