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21/07/2017

Après l'ère de la fausse monnaie...

 

Source Saker : La menace à long terme pour l’Europe n’est pas le Pen, c’est le capitalisme, par Conn Hallinan

Ce qui est important de garder à l’esprit, c’est que les pays de l’UE qui ont eu des problèmes n’étaient guère déprimés. L’Espagne, le Portugal et l’Irlande avaient tous des ratios d’endettement modestes et des excédents budgétaires au moment de la crise.

Le problème n’était pas les gouvernements prodigues, mais une hausse soudaine des taux d’emprunt, ce qui rendait coûteux de financer les opérations gouvernementales.

Cela a été accompagné par la décision d’utiliser l’argent des contribuables pour renflouer les banques qui se sont mises en difficulté en spéculant sur l’immobilier. En fait, les Portugais, les Espagnols, les Grecs et les Irlandais ont eu à supporter les dettes de banques à qui ils n’avaient jamais emprunté quoi que ce soit.

Les contribuables irlandais ont perdu 30 milliards d’euros pour renflouer la banque anglo-irlandaise, un chiffre équivalent à une année entière de recettes fiscales du pays.

Étant donné qu’aucun de ces pays n’avait cette somme, ils ont demandé des « renflouements » au Fonds Monétaire International, à la Banque centrale européenne et à la Commission européenne, la fameuse « troïka »Environ 89 % de ces sauvetages sont allés aux banques. Le jour où le sauvetage grec a été annoncé, les actions bancaires françaises ont augmenté de 24 %.

Cela ne veut pas dire que les pays de l’UE n’avaient pas de dette. Mais en 2014, le Comité pour un audit des citoyens sur la dette publique a constaté qu’entre 60 % et 70 % de ces dettes n’étaient pas dues à des dépenses excessives mais plutôt aux réductions d’impôt pour les entreprises et les riches et aux taux d’intérêt trop élevés.

Ce dernier point favorise les créanciers et les spéculateurs. Le comité a constaté que la plupart des déficits était le résultat de « décisions politiques » qui déplacent la richesse d’une classe à l’autre.

À long terme, une partie de cette dette devra être abandonnée parce qu’elle n’est tout simplement pas remboursable. La Convention de Londres de 1952 qui a réduit la dette allemande d’après-guerre et déclenché un renouveau économique pourrait servir de modèle. [...]

Bien que l’UE a été bénéfique pour les banques et des pays comme l’Allemagne et l’Autriche, cela n’a pas été aussi bénéfique pour de nombreux autres membres.

Prôner l’austérité comme moyen de régler le problème de la dette ne fonctionne pas, cela crée simplement une spirale d’endettement supplémentaire et encore plus d’austérité.

Comme l’a dit Rana Foroohar, chroniqueur économique pour le Financial Times « Aucun pays ne peut plus grandir lorsque le consommateur, le secteur des entreprises et le secteur public cessent de dépenser. »

Bavière, la bavure

Les crises font partie du capitalisme. Une partie du problème est le capitalisme lui-même, un système économique qui génère à la fois une énorme capacité de production et un chaos économique.

Le capitalisme est affligé de deux types de crises : cyclique et structurelle. Les cycliques – les récessions – ont tendance à se produire à peu près tous les 10 dix ans. Les États-Unis et l’Europe ont connu des récessions au début des années 1980, au début des années 1990 et au début des années 2000. Elles sont douloureuses et désagréables, mais ne durent généralement pas plus de 18 mois environ.

Tous les 40 ou 50 ans, par contre, il y a une crise structurelle comme le crash de 1929 et la Grande Dépression qui en a résulté.

Quand une crise structurelle frappe, le capitalisme se réorganise. Dans les années 1930, la solution était de créer un capitalisme redistributif qui a utilisé le pouvoir de l’État pour amorcer la pompe économique et alléger une partie du chaos qui accompagne ces réorganisations. L’assurance-chômage et la sécurité sociale ont réduit une partie de la douleur, les travaux publics ont absorbé certains des chômeurs et les syndicats ont eu le droit de s’organiser et de faire grève.

Le capitalisme a traversé une autre crise structurelle à la fin des années 1970, et ce sont les retombées de celle-ci qui sévissent actuellement dans l’UE – et aux États-Unis.

En utilisant la récession de 1979-1981 comme paravent, les taxes sur les entreprises et les riches ont été abaissées, le commerce et la finance déréglementées, les institutions publiques privatisées et les syndicats délaissés. Le capitalisme est également devenu global.

Le globalisme a suscité une énorme croissance, mais aussi une profonde faiblesse. Les syndicats se sont affaiblis – en partie à cause d’attaques directes, en partie à cause de l’énorme bassin de main-d’œuvre peu coûteuse maintenant disponible dans le monde en développement – les salaires ont stagné ou même diminué en Europe et aux États-Unis, et l’écart entre les riches et les pauvres s’est élargi.

Une étude menée en 2015 par Oxfam a révélé que 1% de l’humanité contrôle maintenant plus de la moitié de la richesse mondiale et les 20% les plus riches en possèdent 94,5%. Bref, 80 % de la population mondiale ne possède que 5,5% de la richesse mondiale.

Ce n’est pas seulement un problème pour le monde en développement et sous-développé. L’Allemagne a la plus grande économie de l’UE et la quatrième plus grande au monde. En 2000, la tranche supérieure des 20% gagnait 3,5 % de plus que celle des 20 % inférieurs. Aujourd’hui, ce nombre a été multiplié par cinq. Pour les 10 % inférieurs, le revenu a, en réalité, chuté.

La chancelière allemande Angela Merkel aime à dire que les pays devraient se comporter comme une « frugale femme bavaroise ». Si cette « femme bavaroise » fait partie des 10 %, sa frugalité n’a plus beaucoup d’importance, elle est fichue.

Opérette, majorettes, croquettes

 

Source Groupe d'Etude pour la Wallonie intégrée à la France :

La Révolution belge de 1830 débute à La Monnaie, lors d’une représentation de « La Muette de Portici ».

François Perin explique : Avez-vous déjà vu la masse populaire se presser à l’opéra ? A cette époque en tout cas, seuls les bourgeois pouvaient aller à l’opéra. Ce sont eux qui se sont enflammés. La révolte, ensuite, sera celle d’une masse populaire de Bruxelles – d’une seule commune -, ce qui, d’ailleurs, fera peur à ladite bourgeoisie, qui créera alors un pouvoir qui perdurera, notamment une garde civique pour maintenir l’ordre. La voilà, notre Belgique !

Avant 1830, nos régions ont été ballottées d’un régime étranger à un autre, au gré des guerres et des mariages princiers. Comme l’écrit Marguerite Yourcenar dans « L’Oeuvre au noir » : Les princes s’arrachent les pays comme des ivrognes à la terrasse se disputent les plats.

Le Royaume indépendant de Belgique naîtra en 1830 d’un trait de plume diplomatique, en dehors de toute volonté populaire. Il s’agit, pour les grandes puissances d’alors, de se prémunir contre la France. Fruit d’un vote d’à peine 2% de la population, le Congrès national belge se verra imposer par l’Angleterre le choix du monarque.

Rien de glorieux dans tout cela.