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19/07/2017

Deepcore

Il n'avait plus la force de marcher et, d'ailleurs, il était arrivé, n'allant nulle part.

Léon Bloy : Le Désespéré

Blanchot dans le Bardo

 

L'expérience de Lautréamont, par Maurice Blanchot.

A la dernière strophe du livre, à un moment où lui-même, arrivé au terme, a sur son chemin le sentiment de celui qui n'a plus besoin de chemin, Lautréamont annonce à son lecteur qu'il a voulu le crétiniser.

Abrutir son lecteur ? Peut-être, mais comment ? La bêtise, dit-il, n'y suffit pas, ni la fatigue, il faut aussi la puissance magnétique, la domination du rêve qui n'aboutit pas à la stupidité, mais à sa stupeur, c'est-à-dire à la passivité d'une conscience qui voit tout et qui ne peut rien.

L'hypnotisme était alors très à la mode. Mais l'important, ce n'est pas que Lautréamont ait eu l'idée de transformer le langage et la littérature en une puissante entreprise d'engourdissement magnétique — l'idée est fréquente chez Poe et Baudelaire — quoiqu'il fasse preuve, dans son dessein d'une hardiesse qui ne sera pas dépassée, même par le surréalisme, ivre du soleil magnétique.

Qui lit les Chants reconnaît comme l'un de ses thèmes les plus obstinés la hantise, la menace du sommeil, sommeil étrange, que Maldoror refuse, contre lequel il lutte avec un remarquable acharnement, mais qui risque sans cesse de l'emporter parce que dans le refus de dormir, le sommeil est déjà là et il triomphe dans l'insomnie.

Lucide, Maldoror montre qu'il l'est, qu'il veut l'être à tout prix, et d'une lucidité qui jamais ne renonce, mais tantôt cette lucidité trop forte s'aveugle, devient la pesanteur hallucinée d'une nuit sans sommeil, tantôt, surprise par le sommeil, par la mort ou par la folie, elle continue, œil qui ne se ferme jamais, au sein de la décomposition de l'éternité, au fond d'une tête vide, derrière un esprit mort, dans la raison cadavérique, elle persévère, elle se reconstitue toujours...

On voit ce qui s'y trouve en jeu. D'abord, la résolution, affirmée sans cesse, de toujours voir clair. Ensuite, le sentiment trouble, tourmenté, mais très précisément reconnu, du piège qui est au fond de cette lucidité, car à force d'éloigner le sommeil, c'est un sommeil plus tragique qu'elle accueille...

Lautréamont pense qu'à la fin la clairvoyance triomphe, mais il sait et il découvre quelle lutte étrange cette victoire appelle et à travers quelles transformations la lucidité doit la chercher, depuis l'enchantement qui la paralyse, jusqu'à cette possibilité, pour elle épouvantable, de mourir sans mourir, qui la montre dans les états les plus sombres de la nuit.

***

Je reprends Lautréamont et Sade par Maurice Blanchot, dix ans après lui avoir consacré une activité au terme de laquelle une jolie Italienne s'était exclamée : « Mais, c'est du nihilisme... Et le libre-arbitre ? »

La réponse se trouve ailleurs, bien que Blanchot n'en parle pas. L'impossibilité de mourir est une idée a priori saugrenue.

Bien sûr que si, nous allons mourir, mais comme la mort ne fait pas partie de la vie, comme elle ne peut être vécue, son impossibilité nous installe dans une situation apparemment interminable et privée de sens — Blanchot s'était converti au communisme, par opportunisme, après une jeunesse à l'extrême droite.

La littérature nous donne un équivalent de cette impossibilité de mourir : de même que l'auteur est chassé du sens de son oeuvre, nous sommes chassés du sens et de la saisie de notre mort — ce qui nous laisse désœuvrés, selon un jeu de mot de l'auteur. 

Fumisterie ? Michel Onfray, dont je me méfie, vient de publier l'essai de deux universitaires qui déboulonnent l'idole obscure. Blanchot, vieux sot ? En feuilletant leur livre, j'y ai trouvé du vrai, du moins vrai et peut-être du faux. Affaire à suivre...

Mon intuition est la suivante : la réponse aux apories de Blanchot se trouve dans le Bardo-Thödol, le livre des morts tibétains, le livre de la libération par l'écoute, livre sacré qui permet d'accéder au repos éternel, à l'interruption du saṃsāra — le cycle de la métempsycose — c'est-à-dire au centre immobile de la roue qui tourne. 

Cette conscience qui se survit absurdement sans connaître de fin, à travers différents stades qui ressemblent aux Bardos, Blanchot semble la retrouver chez l'insomniaque. L'insomnie, en effet, nous plonge dans un état second où la frontière entre sommeil et veille tend à s'estomper... et à devenir interminable.

Si vous avez lu jusqu'ici, vous pouvez enfin fermer les yeux...

Vigilante

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— Il m'a demandé ton horaire, et si c'était ta voiture, et à quelle heure tu partais et...

Quand on s'intéresse à vous, c'est toujours pour de mauvaises raisons, policières, criminelles ou les deux à la fois.

Feuilleton de l'été : le retour du retour du rôdeur. A présent, notre clochard mène l'enquête auprès des femmes d'ouvrage, accompagné d'un patibulaire. S'il cherchait la discrétion, c'est raté... 

— Oui, il m'a demandé quand on était là... Pour squatter les lieux, évidemment. Et son copain, brrr, il me fait peur... Si tu voyais sa tête... Je vais acheter une bombe lacrymogène...

Préparez vos mouchoirs. Au fait, pourquoi ce Charlot ne s'inscrit-il pas à l'aide sociale ? Tout simplement parce que l'aide sociale s'occupe en priorité des migrants et autres primo-arrivants...

Cette ritournelle dure depuis quelques années déjà. Au début, tu croyais à une plaisanterie. Mais parfois, les édiles se lâchent, comme des perroquets fiers de répéter les sottises qu'ils entendent en loge. Refugees welcome...

A présent, tout le monde s'en aperçoit : la population change, radicalement. Votre clochard, c'est encore un gars d'ici, il prend la peine de se renseigner, pour éviter de vous croiser... Mais les prochains n'auront peut-être pas cette délicatesse.

Le pire, c'est que même le quart-monde continue à penser dans les catégories des dominants. Combien de fois as-tu entendu : il y a trop d'étrangers et pas assez de belges...

Mais mes pauvres amis, la Belgique, c'est l'immigration : un pays complètement artificiel, créé pour les besoins de la bourgeoisie maçonnique bruxelloise. Plus vous réclamerez de Belgique, plus vous vous effacerez en tant que Wallons. Leur Belgique, c'est le melting-pot, le fonds de roulement, l'armée de réserve du capital cosmopolite, et cela depuis le début.

Les Flamands, eux, l'ont compris d'instinct, Alles voor VlaanderenEigen Volk eerst, België barst, et ils vous repassent le mistigri, comme à Charleroi, avec le centre d'accueil de Francken — le Ministre de l'intérieur hait sa nationalité belge, fort bien... mais qu'il commence par respecter l'identité des autres, des Wallons, en l'occurrence. 

En attendant, que personne ne s'avise de toucher à la machine à café, sinon...