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21/02/2017

Typhus ou choléra ?

 

Ni le Vatican, ni le Grand-Orient

Dimanche midi, frère Demotte déclare à frère Vrebos : Le lien entre l'argent et le politique est le même qu'entre l'église et la pédophilie.

Lundi soir, Tommy Scholtes, alias mon curé chez les belgicains, rétorque : Mais enfin, que dites-vous là... Nous aidons les démunis... euh, les migrants.

Et on n'est que mardi.

Devant les maîtres du temps...

Résultat de recherche d'images pour "dürer chevalier mort diable"

Jean-Paul écrit dans Siebenkäs : Nous servons de sablier à des êtres supérieurs lorsque celui de notre vie s'est écoulé avec assez de pureté pour qu'il se retourne dans l'au-delà.

Le sablier s'harmonise avec les lieux de méditation ou de recueillement : chapelles, bibliothèques, archives, alors que le cadran des horloges mécaniques correspond au temps du Travailleur, la figure redoutable du démiurge.

Alors que le Diable talonne le Chevalier, la Mort apparaît et lui barre la route. Des serpents dansent sur son front et elle brandit un sablier ; les insignes du néant et du retour, écrit Ernst Jünger, qui, à la suite de Nietzsche, dans Naissance de la tragédie, s'approprie le tableau.

En attendant l'activité de mai — que Dieu nous prête vie — voici un nouvel extrait du Traité du sablier.

*

Nous avons ici une rencontre intérieure avec une situation fatale, saisie d'un brusque mouvement de conscience, dans un soudain avant-goût de la mort, tel qu'il nous envahit au milieu de la vie, quand les périls s'approchent ou que les soucis nous écrasent.

De là vient que nous apercevons le chevalier au creux de la terre : des racines d'arbres dépassent à la hauteur de sa tête. Il chevauche comme au fond d'un tombeau : les sabots du cheval frôlent une tête de mort. C'est un des charmes géniaux, donc involontaires de cette gravure que le lignes s'étalent vers le haut comme des runes de vie et tombent vers le bas en runes de mort.

La vue de cette image nous affermit dans la confiance. Nous sentons que le chevalier, ici-bas ou ailleurs, est maître de la situation.

Le château, tout en haut, remplit de sa splendeur le chemin creux : il ressemble bien plus au palais d'un roi qu'à la demeure d'un chevalier. Il représente sans doute la cité de David, la haute ville dont les assises sont hors du temps.

En elle quoi qu'il advienne, on peut mettre son assurance, même et surtout lorsque le sablier se brise. C'est en elle que se fonde la sérénité du chevalier.

Et cependant, on peut admettre que même ici-bas, il sortira vainqueur du défilé. L'esprit de la gravure le montre clairement : et si on ne le sent pas, on le comprendra en observant que l'ampoule supérieure du sablier est encore à demi-pleine, que le sable ne s'est pas entièrement retiré d'elle.

Nous ne pouvons trouver qu'avantage, tous tant que nous sommes, à tomber parfois dans de tels défilés, pour être traduit devant les maîtres du monde et du temps. C'est ici que s'éprouvent les cœurs.

08/02/2017

Marcionite Hardcore

 

Avec Marcion, c'est toujours un peu violent...

Quand il se démarque de Hegel, tout en se revendiquant de lui, Marx dit que Hegel avait érigé l'idée en démiurge du réel. A la place de cet architecte hégélien du monde, Marx met le Capital — c'est lui le prince de ce monde. Depuis le Timée de Platon, ce concept de démiurge a une longue histoire qui passe de la gnose à Marcion. Le démiurge ne sait pas créer le monde ex nihilo ; il doit travailler avec une matière qui lui a été donnée. Voilà pourquoi sa création est imparfaite. L'hérétique Marcion devait porter à son comble cette différence entre un mauvais dieu créateur et le futur dieu rédempteur. Karl Marx avait-il une dette envers la gnose ?

En 1921, Adolf von Harnack s'interrogeait sur l'apparence que prendrait un marcionisme contemporain. Qui alors est le démiurge et le sauveur, le dieu de l'Ancien Testament et celui du Nouveau Testament ? En 1935, Heidegger situe l'obscurcissement du monde en Amérique capitaliste et en Russie bolchevique. Il évoque le démoniaque, le mal destructeur et craint que l'Allemagne ne cède au même maléfice. En pleine période nationale-socialiste, il attendait un dieu ultime. Plus tard, il déclarera au Spiegel : Nur noch ein Gott kann uns retten, seul un dieu pourrait encore nous sauver. Martin Heidegger était-il marcionite ?

Telle est la thèse que nous souhaitons démontrer : la perception du monde de la gnose se distribue chez ces deux penseurs.

Heinz Dieter Kittsteiner : Marx - Heidegger, les philosophies gnostiques de l'Histoire.