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19/04/2017

Fatalitas & Fortuna

 

Doomed to be Walloon...

Un sondage pour du beurre, titre la Meuse. Du beurre dans un canard à la sauce belge ? Quelle cuisine indigeste...

Un vote bidon... Voilà le fameux article qu'annonçait l'AWF à propos de son projet : sonder les Wallons sur leurs intentions de vote à la présidentielle, comme s'ils étaient français, ironise La Meuse. Le ton de l'article, faussement neutre, implicitement hostile, donne le tournis.

Les sondés nous envoyaient promener, déclare un sondeur rattachiste... Y a bon belgo... La France, pas bon. En filigrane, on sent la pétoche, l'ignoble tchouille qui rôde sur les marchés. Ne le dites pas au Bourgmestre... Ne le dites pas à la laïcité, au syndicat... J'ai trop peur...

Et puis, la dépolitisation, l'indifférence, le tous-pourris... Là, on veut bien le croire. Paradoxalement, la société wallonne est hyper-politisée, avec, à chaque coin de rue, des associations dépendantes du pouvoir, mais cette politique est sans contenu, représentée par des partis interchangeables. La proportionnelle nivelle tout, les alliances de loges terminent le travail. Pour décrire cette atmosphère de déliquescence, Paul-Henry Gendebien avait inventé le concept de pouvoirisme.

Il n'y a aucune comparaison possible entre le vide politique belgicain et la culture de débat française. La Flandre aussi connaît une polarisation plus nette entre gauche et droite et le débat politique y est également plus élevé. La Flandre (et la France) constitue une nation, la Wallonie un dominion.

Dans ses discorsi, Machiavel insistait sur les discordes, les tumultes au sein du peuple comme facteur d'émulation. Certains virent en Machiavel un homéopathe, imprégné d'une vision organiciste de la société, dont il fallait régler les humeurs. D'autres le peignaient plutôt comme le théoricien d'une démocratie sauvage, une espèce d'anarchiste de droite. 

Eh bien, si j'étais Florentin, je dirais que la société française et la société wallonne se situent dans deux configurations humorales opposées : la bile et la lymphe.

Un jour, un rattachiste qui suivait des formations en France me raconta l'inflammabilité des discussions politiques, la foire d'empoigne pour un oui ou pour un non. Un Français, avec humour, lui avait déclaré : « Chez nous, un jour, on a fait la révolution et depuis, c'est tous les jours la révolution. »

Inversement, le Wallon est un être lymphatique, comme un slave amputé du lobe métaphysique, ou plutôt, comme un bounty, un nègre de maison : une ignoble victime consentante, un esclave qui redemande du fouet à ses tortionnaires à tête de porc, au lieu de se révolter et de les chasser.

Les Wallons sont un peuple épuisé... Ils ont subi les invasions germaniques, l'industrialisation à marche forcée, la pollution de leur environnement, la déferlante des flux migratoires, la guerre économique de la Flandre, un début de guerre civile dans les Fourons, la trahison du régionalisme, les opérations Stay-Behind, les assassinats politiques, l'affaire Dutroux et son exploitation à des fins de démoralisation, etc.

Paul Nizan, dans La Conspiration, montrait la faiblesse des idéaux romantiques de révolution. Une société ne ressemble pas à un édifice qu'on démolit à la dynamite, mais plutôt à une méduse, à une masse molle, ou à un édredon : vous boxez dedans et la bosse réapparaît de l'autre côté. C'est particulièrement vrai chez nous.

Les ligues, l'auto-défense, les identitaires, bref, la Zen attitude... Très bien, mais cela ne marche qu'à la condition d'une tradition solidement ancrée, d'un héritage politique et de réseaux structurés. Autrement, cela mène, au choix, en prison, en H.P. ou les deux ensemble, en annexe psychiatrique — je vous le déconseille.

Nous sommes un peuple épuisé. Doomed to be Walloon... En revanche, je crois en la survie du peuple de France.

Au contraire des Wallons, qui ne forment qu'un peuple de synthèse, les Français possèdent une Histoire, une culture authentique, une mémoire et le sens de l'honneur. Ils ne resteront pas éternellement sous le joug de Bruxelles. Tôt ou tard, pour parler comme Machiavel, le Prince empoignera Fortuna par les cheveux.

Et alors... ce sera la révolution, la vraie !

17/04/2017

Je reste dans les parages

 

Tous à Nice !

Source AWF : Citoyens de Wallonie, nous avons conçu pour vous: un site où vous pouvez exprimer votre choix. Les 3 commissaires chargés de contrôler le bon déroulement du vote tiennent à vous dire que tout vote répété plusieurs fois par la même personne annulera automatiquement le vote exprimé par cette personne. Un citoyen = Une voix. Merci de respecter cette règle démocratique.

Merci de nous en avertir. Je comptais voter une deuxième fois, non pour bourrer les urnes, mais faute d'avoir reçu un message de confirmation.

Bourrer les urnes, c'est mal. Bourrer le mou, c'est pire. Il est piquant de constater qu'aucun rattachiste n'ose déclarer : je voterais Marine Le Pen alors que certains se disent souverainistes hors micro.

Néanmoins, comment leur en vouloir ? On peut le comprendre... Les médias diabolisent déjà le réunionisme, alors que ce mouvement fait partie intégrante de l'identité wallonne. Moi aussi, j'ai peur. Nous avons tous peur. La Wallonie de l'indicible peur. Il n'empêche : pourquoi créer un mouvement politique si vous avez la frousse à ce point ? 

C'est surtout la preuve que la situation est bien pire chez nous qu'en France, proximité de Bruxelles oblige. La liberté d'expression politique est infiniment moindre en Wallonie qu'en France.

Qu'on l'aime ou pas, la république est bonne fille puisqu'elle autorise les royalistes, les identitaires et autres euro-sceptiques à s'exprimer. Toujours plus qu'ici, en tout cas.

En effet, l'inverse serait totalement impensable dans l'entité belgicaine, avec les républicains, les rattachistes, les régionalistes wallons, etc.

Quant aux rattachistes qui déclarent voter Asselineau ou Dupont-Aignan... Et si vous alliez au bout de votre pensée, tant que ça reste dans la légalité. Ne soyez pas timides...

Kali Yuga Surfing is not a crime !

16/04/2017

Surfin' Wallonia

 

Parfois, je me demande si les rattachistes réunionistes lisent ce blogue ? Non, car... 

1. La plupart des rattachistes n'aiment pas le surf.

2. La plupart des rattachistes sont francs-maçons « laïcs. »

3. La plupart des rattachistes sont de gauche.

4. La plupart des rattachistes sont de droite.

5. La plupart des rattachistes ne sont pas Zen — et inversement, je suppose.

6. La plupart des rattachistes sont déjà en France, sur la plage et s'en moquent.

7. La plupart des rattachistes ne savent pas que ce blogue existe.

8. La plupart des rattachistes qui savent que ce blogue existe préféreraient ne pas le savoir. 

9. La « plupart-des-rattachistes » représentent 1,4% de la population wallonne — en étant généreux.

10. La plupart de n'importe quoi ne vaut pas la peine d'être lu... c'est pas grave, je n'aime que le surf.