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25/02/2017

Poids des mots

Résultat de recherche d'images pour "eric emmanuel schmitt"

On dit salon du livre et non foire du livre. Foire, c'est pour les bestiaux.

Néanmoins...

15/02/2017

Nos meilleures années

 

Extrait de Va au Golgotha par Alexandre Zinoviev. 

Pour commencer, il suffit de connaître une centaine d'histoires drôles, une centaine d'expressions mentionnées au paragraphe deux, une centaine de notes d'information évoquées au paragraphe trois... Tu t'apercevras que le reste correspond forcément à une de ces catégories.

Un exemple : on évoque devant toi un auteur qui t'est inconnu. Il existe des trucs pour le classer dans le schéma dont je te parlais. Je te les enseignerai. Alors, la plus petite allusion, voire l'intonation employée pour évoquer le livre, te permettront de déterminer son contenu et sa valeur.

Tu stupéfieras, par ton érudition et la profondeur de tes jugements, les gens qui auront passé des années dans les bibliothèques et qui auront lu des dizaines de milliers d'ouvrages.

Commençons par les histoires drôles.

21/01/2017

Il fait froid dans le scriptorium...

 

Pourquoi se créer une bibliothèque ? se demande Julien Giordano. Ce texte est intéressant, mais n'insiste pas sur un aspect essentiel. Tout honnête homme devrait se constituer une bibliothèque privée, à transmettre à d'éventuels survivants, avec des collections basées sur des ouvrages militants ou représentatifs du patrimoine intellectuel européen... parce que la culture publique et les bibliothèques publiques ne sont plus que des officines aux ordres du pouvoir bruxellois et ne diffusent que de la sous-culture numérique ou de la propagande oligarchique. Ne surévaluons pas la « culture », surtout subventionnée. Certaines bibliothèques de quartier ne valent même pas l'allumette qui leur bouterait le feu.

Existe-il plus bel héritage intellectuel que de recevoir quelques ouvrages d’une personne jadis aimée, et aujourd’hui disparue ?

Tenir entre ses mains le livre qu’elle a tenu par une froide soirée d’hiver au coin du feu, parcourir les pages de ce livre, mot après mot, rire à l’endroit où elle a pu rire et pleurer de la même façon… La proximité, l’intimité partagée à ce moment-là avec l’ancien propriétaire du livre, surtout s’il fut proche, est un sentiment rare.

Mais en pénétrant plus à l’intérieur, on y découvre que la bibliothèque est unique, car elle reflète la personnalité de son propriétaire, qu’elle nous raconte son histoire.

L’âme de son propriétaire y est comme incrustée, gravée. Elle représente l’oeuvre de sa vie, ses différents chemins parcourus, ainsi que ses divers sujets de prédilections, changeant de trajectoire, virant au gré des virages intellectuels au cours de sa vie. Elle retrace son existence, ses recherches, ses différentes prises de position ainsi que ses goûts évoluant au fil des années.

Lorsqu’un homme se sépare de sa bibliothèque ou de quelques ouvrages définitivement, au-delà de transmettre un savoir pouvant procurer un sentiment de satisfaction, c’est aussi malheureusement se séparer d’une partie de lui, d’un morceau de sa réflexion qui a modulé, petit à petit, son avis sur tel ou tel sujet.

Chaque livre, chaque paragraphe, chaque mot de cette bibliothèque aura contribué à compléter patiemment à une instruction qui assoit et stabilise la façon d’être et de penser de son propriétaire, telles les pierres empilées l’une sur l’autre élèveront des remparts. Ces remparts représentent alors une protection qui nous évite de sombrer dans l’ignorance et l’hébétude.

Tous ces livres ainsi digérés et couplés à quelques réflexions personnelles bâtissent un avis, qui certes change au fil du temps, mais qui, de fait s’améliore, s’aiguise, se peaufine et surtout se construit, se renforce. Ils sont une véritable source d’accroissement de force intérieure.